L’industrie automobile allemande s'insurge contre les droits de douane de l’UE sur les véhicules électriques chinois
L’Union de l’industrie automobile allemande (VDA) et des ministres de haut rang ont critiqué les droits de douane provisoires de l’UE sur les voitures électriques fabriquées en Chine.
L’Union de l’industrie automobile allemande (VDA) et des ministres de haut rang ont critiqué les droits de douane provisoires de l’UE sur les voitures électriques fabriquées en Chine, annoncés mercredi (12 juin), qui toucheront également les entreprises européennes produisant en Chine, telles que BMW et Dacia.
La Commission européenne a annoncé des droits de douane provisoires sur les voitures électriques chinoises importées allant de 17 % et 38 %. Cette mesure a été prise en réponse aux subventions chinoises accordées aux chaînes d’approvisionnement en véhicules électriques, qui faussent les prix des véhicules électriques fabriqués en Chine, selon la Commission.
La VDA, qui représente des constructeurs automobiles tels que Volkswagen, BMW et Daimler, a vivement critiqué cette décision, sa présidente, Hildegard Müller, avertissant qu’il s’agissait d’un « nouveau pas en arrière de la coopération mondiale ».
« Cette mesure augmente encore le risque d’une guerre commerciale mondiale », a-t-elle ajouté.
Les constructeurs automobiles européens qui produisent des véhicules électriques en Chine seront également touchés, le groupe le plus important étant Dacia et BMW, qui devront s’acquitter d’une taxe à l’importation de 21 %.
Ce taux est même supérieur à celui imposé au constructeur automobile chinois BYD, qui bénéficiera d’un droit de douane moins élevé (17,4 %), car il a participé à une enquête menée par la Commission et a apporté la preuve qu’il avait bénéficié de moins d’aides de l’État.
Le constructeur automobile américain Tesla devra également s’acquitter de droits de douane de 21 % pour ses modèles fabriqués en Chine, mais il a demandé à bénéficier d’un taux réduit, alors que d’autres constructeurs automobiles ne l’ont pas encore fait.
Tous ces nouveaux droits de douane s’ajoutent aux droits de 10 % que l’UE applique déjà aux véhicules électriques importés.
L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), dont les membres ont des intérêts plus divers, s’est contentée de dire qu’elle « prenait note » de la décision.
Le gouvernement allemand pousse à la négociation
Le ministre allemand des Transports, Volker Wissing (FDP, Renew), s’est empressé de publier sur X que « les tarifs douaniers punitifs de la Commission européenne affectent les entreprises allemandes et leurs meilleurs produits ».
« Les véhicules doivent devenir moins chers grâce à une concurrence accrue, à des marchés ouverts et à des conditions commerciales nettement meilleures dans l’UE, et non par des guerres commerciales et le cloisonnement des marchés », a-t-il écrit.
Le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck (Verts) a eu une réaction similaire, déclarant aux médias allemands que « les droits de douane ne sont jamais que le dernier recours en tant que mesure politique et sont souvent la pire des options ».
« Il est crucial que des discussions aient lieu maintenant », a-t-il affirmé, appelant à des négociations entre l’UE et la Chine.
La Chine doit s’attaquer au changement climatique
Les entreprises allemandes s’inquiètent également des représailles potentielles de la Chine. Volker Treier, de la Chambre allemande de l’Industrie et du Commerce (DIHK), a averti que « les droits de douane annoncés par la Commission sur les voitures électriques en provenance de Chine ne seront pas sans conséquences pour l’économie allemande, fortement orientée vers l’exportation ».
Cette crainte a été renforcée par la réaction du ministère chinois du Commerce, qui s’est dit prêt à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour défendre les intérêts de ses fabricants.
Mme Müller, du VDA, a appelé l’UE et la Chine à résoudre le problème par le biais de négociations, ajoutant que « c’est également à la Chine d’approcher l’Europe avec des propositions constructives et de mettre fin à son comportement de distorsion de la concurrence de manière cohérente et rapide afin d’éviter une escalade des conflits commerciaux ».
« Nous avons besoin de la Chine pour résoudre les problèmes mondiaux, y compris le changement climatique », a déclaré Mme Müller. « Un conflit commercial compromettrait également cette transformation ».
L’ONG européenne Transport & Environment (T&E) a quant à elle salué la mise en place de ces nouveaux droits de douane.
« Le Green Deal de l’UE était accompagné d’une promesse de croissance et d’emplois, ce qui n’est pas possible si nos véhicules électriques sont tous importés », a expliqué l’experte en véhicules électriques de l’organisation, Julia Poliscanova, dans un communiqué.