L’Iran menace à nouveau Charlie Hebdo en se référant à Salman Rushdie

Après la publication de nouvelles caricatures par le magazine satirique Charlie Hebdo, le chef des gardiens de la révolution islamique a menacé ses auteurs en leur conseillant « de se pencher sur le sort de Salman Rushdie », victime d’une attaque terroriste l’été dernier.

Euractiv France
Iranians mark third anniversary of Soleimani’s assassination
Le chef des gardiens de la révolution Hossein Salami le 3 Janvier 2023. [EPA-EFE/ABEDIN TAHERKENAREH]

Après la publication de nouvelles caricatures par le magazine satirique Charlie Hebdo, le chef des gardiens de la révolution islamique a menacé mardi (10 janvier) ses auteurs en leur conseillant « de se pencher sur le sort de Salman Rushdie », victime d’une attaque terroriste l’été dernier. Le Quai d’Orsay dénonce une menace « inacceptable ».

Le média d’État iranien IRNA a rapporté que, Hossein Salami, chef des gardiens de la révolution islamique, a indiqué mardi « conseille[r] aux Français et aux réalisateurs du magazine Charlie Hebdo de se pencher sur le sort de Salman Rushdie ».

Ces propos interviennent après la publication de nouvelles caricatures sur l’Ayatollah Ali Khameni et le régime iranien, publiées par le journal début janvier, peu avant le huitième anniversaire de l’attaque terroriste qui frappa Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

« Ne jouez pas avec les musulmans, Salman Rushdie a insulté le Coran et le saint Prophète de l’islam il y a 30 ans et s’est caché […]. Après de nombreuses années, un jeune musulman s’est courageusement vengé de Salman Rushdie et personne n’a pu le sauver », a-t-il poursuivi.

En réaction, le Quai d’Orsay a indiqué mercredi (11 janvier) à des journalistes que « la France réaffirme son engagement constant et déterminé en faveur de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et de la protection des journalistes partout dans le monde ».

La menace à l’encontre de ressortissants français est qualifiée d’« inacceptable » par la diplomatie française, qui rappelle les propos de la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, du 5 janvier dernier : « en France, la liberté de la presse existe, contrairement à ce qui se passe en Iran, et elle s’exerce sous le contrôle du juge, dans le cadre d’une justice indépendante, là aussi c’est quelque chose que l’Iran sans doute connaît mal ».

Le Quai d’Orsay avait déjà indiqué mardi que la qualification des Gardiens de la révolution iranienne (IRGC) comme « organisation terroriste » par l’UE n’était pas exclue.

Par ailleurs, auditionnée par la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale, la secrétaire d’État chargée de l’Europe Laurence Boone a indiqué que « la France soutient encore et toujours la prise de nouvelles sanctions » à un niveau européen contre l’Iran, et ce tant que le régime iranien poursuivra dans le chemin de la répression.

Malgré cette détermination, la position du gouvernement français semble délicate, car « nous avons des otages [7] dans les prisons iraniennes, que nous voulons aussi protéger », a déclaré Mme Boone devant les députés.