L'Irlande du Nord se dirige vers des élections anticipées

L'Irlande du Nord, en plein blocage politique en raison de son statut post-Brexit, se dirige vers des élections anticipées. Une tentative de médiation du ministre britannique chargé de ce dossier ayant échoué mercredi (26 octobre).

Downing Street cabinet meeting
Le secrétaire d'État britannique à l'Irlande du Nord, Chris Heaton-Harris, arrive à une réunion du cabinet à Downing Street à Londres, Grande-Bretagne, le 17 octobre 2022. La réunion a eu lieu après une déclaration d'urgence du chancelier de l'Échiquier Jeremy Hunt, dans laquelle il est revenu sur de nombreuses réductions d'impôts annoncées dans le "mini-budget" de son prédécesseur et a revu à la baisse le programme d'aide à l'énergie du gouvernement. [EPA-EFE/TIM IRELAND]

L’Irlande du Nord, en plein blocage politique en raison de son statut post-Brexit, se dirige vers des élections anticipées. Une tentative de médiation du ministre britannique chargé de ce dossier ayant échoué mercredi (26 octobre). 

Chris Heaton-Harris, ministre chargé de l’Irlande du Nord au sein du gouvernement britannique, s’est entretenu avec les différents partis pour les convaincre de s’entendre sur un nouvel exécutif.

Faute d’accord d’ici vendredi (28 octobre), Londres devra légalement convoquer des élections anticipées dans la province britannique.

Les unionistes, attachés à l’appartenance au Royaume-Uni, refusent depuis février de participer à tout gouvernement. Ils réclament l’abrogation du protocole nord-irlandais négocié entre Londres et Bruxelles au moment du Brexit, qui instaure un statut douanier particulier à la province pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande voisine.

Cela porte atteinte selon eux à l’intégrité du Royaume-Uni, avec une frontière douanière de fait séparant l’Irlande du Nord et l’île de Grande-Bretagne.

Après un entretien téléphonique avec M. Heaton-Harris, le dirigeant du parti unioniste DUP, Jeffrey Donaldson, a estimé que le problème du protocole était « loin » d’être réglé.

« Je ne vois pas comment des élections anticipées vont aider », a-t-il déclaré. « Mais nous sommes prêts à nous lancer dans la bataille », a-t-il averti, précisant avoir tout juste approuvé la propagande électorale du parti.

En mai, le dernier scrutin local avait abouti pour la première fois dans l’histoire centenaire du territoire à une victoire des républicains du Sinn Fein, favorables à une réunification de l’Irlande, devant le DUP.

En vertu des accords de paix de 1998 mettant fin à trois décennies de conflit entre unionistes, surtout protestants, et républicains en majorité catholiques (3 500 morts), l’exécutif local doit être partagé entre les deux communautés.

La dirigeante du Sinn Fein Michelle O’Neill aurait dû devenir Première ministre. Mais le DUP a maintenu son boycott.

« Les gens méritent que les partis travaillent ensemble pour les aider à faire face à la hausse du coût de la vie », a plaidé Michelle O’Neill mercredi.

L’impasse a aussi fait l’objet d’un appel mercredi soir entre le Premier ministre britannique Rishi Sunak, en poste depuis mardi (25 octobre), et son homologue irlandais Micheal Martin.

Tous deux ont souligné « le besoin urgent pour un exécutif fonctionnel en Irlande du Nord », selon un porte-parole à Downing Street.

Concernant le protocole nord-irlandais, Rishi Sunak a indiqué préférer une issue négociée et a dit espérer que toutes les parties abordent les défis actuels avec pragmatisme et bonne volonté.

Face à la crise politique, Londres veut renégocier le protocole mais Bruxelles n’accepte que des aménagements permettant de réduire les perturbations dans les échanges avec la province.

Le précédent gouvernement britannique a décidé de légiférer unilatéralement pour le modifier, au risque d’une guerre commerciale avec l’Union européenne.

Rishi Sunak s’est aussi entretenu mercredi au téléphone avec la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen, qui a indiqué sur Twitter avoir hâte de travailler avec lui « pour trouver des solutions communes concernant le protocole nord-irlandais qui fourniront stabilité et prévisibilité ».