L’Italie condamne fermement les frappes israéliennes au Liban visant des bases militaires des Nations unies

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a fermement condamné les attaques israéliennes contre les bases de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont deux sont italiennes, ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’erreurs.

EURACTIV Italie
European Foreign and Defense Ministers Council in Brussles
« Les actions hostiles menées à plusieurs reprises par les forces israéliennes pourraient constituer des crimes de guerre. Il s’agit de graves violations du droit international, qui ne sont justifiées par aucune nécessité militaire », a ajouté le ministre. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a fermement condamné les attaques israéliennes contre les bases de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont deux sont italiennes, ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’erreurs.

Jeudi 10 octobre, les forces israéliennes ont pris pour cible et frappé trois bases de la FINUL dans le sud du Liban. Deux de ces bases sont italiennes, tandis que la troisième sert de quartier général à la mission.

« Il n’y a aucune raison de prétendre que les forces armées israéliennes avaient prévenu la FINUL que certaines bases devaient être évacuées. J’ai demandé à l’ambassadeur de faire savoir au gouvernement israélien que les Nations unies et l’Italie ne reçoivent pas d’ordres du gouvernement israélien », a déclaré Guido Crosetto lors d’une conférence de presse au Palazzo Chigi.

« Les actions hostiles menées à plusieurs reprises par les forces israéliennes pourraient constituer des crimes de guerre. Il s’agit de graves violations du droit international, qui ne sont justifiées par aucune nécessité militaire », a ajouté le ministre.

Après s’être entretenu avec son homologue israélien Yoav Gallant et l’ambassadeur d’Israël en Italie plus tôt dans la journée, le ministre italien a réaffirmé que le gouvernement italien ne croyait pas à la justification selon laquelle l’attaque était une erreur ou un accident. L’Italie exige donc « de vraies explications le plus rapidement possible ».

Comme l’a rapporté l’agence de presse italienne Ansa, l’interprétation de la FINUL de l’attaque israélienne contre les bases de la mission de l’ONU — selon des responsables de la sécurité connaissant bien le dossier du Moyen-Orient — est qu’elle visait à « forcer son retrait » pour éviter d’avoir des « témoins indésirables » des « futurs plans » militaires de Tel-Aviv au Liban.

Le Monde, citant le ministère français des Forces armées, a rapporté que la France et l’Italie allaient convoquer une réunion des nations européennes contribuant à la FINUL en réponse aux récents événements. La réunion, qui se tiendra par vidéoconférence, est prévue pour la semaine prochaine mais la date exacte n’a pas encore été arrêtée.

Jeudi 10 octobre dans l’après-midi, le gouvernement italien a annoncé qu’il avait déposé une protestation officielle auprès des autorités israéliennes, estimant que les actions menées près des bases de la FINUL étaient inacceptables, selon un communiqué du Palazzo Chigi.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni s’est également entretenue par téléphone avec le général Stefano Messina, le commandant du secteur occidental de la FINUL, et a exprimé sa grande solidarité avec les soldats italiens qui servent actuellement au Liban dans le cadre de la mission de l’ONU et de la mission bilatérale de la MIBIL (Missione militare bilaterale italiana in Libano).

Giorgia Meloni a réaffirmé le rôle crucial joué par les troupes italiennes dans la stabilisation de la région, conformément au mandat des Nations unies, indique également le communiqué publié par le Palazzo Chigi. Le gouvernement italien reste déterminé à œuvrer en faveur d’une cessation des hostilités et d’une désescalade dans la région.