L'Italie et la République tchèque unis pour repenser le pacte migratoire de l'UE

Lundi (13 mai), en Italie, le Premier ministre tchèque Petr Fiala et son homologue et partenaire au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, la Première ministre Giorgia Meloni, ont convergé sur l’idée d’« aller au-delà du pacte de l’UE sur les migrations ».

/ EURACTIV Italie / EURACTIV République tchèque
12221185-e1715660206598
La République tchèque et l’Italie font partie du groupe informel d’États membres de l’UE qui préparent une lettre commune demandant à la Commission européenne le transfert des procédures d’immigration en dehors du territoire de l’UE. [[EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]]

Lundi (13 mai), en Italie, le Premier ministre tchèque Petr Fiala et son homologue et partenaire au sein du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), la Première ministre Giorgia Meloni, ont convergé sur l’idée d’« aller au-delà du pacte de l’UE sur les migrations ».

Les États membres de l’UE donnent mardi (14 mai) leur ultime feu vert au pacte sur la migration et l’asile, une réforme majeure qui durcit le contrôle de l’immigration en Europe, mais une partie d’entre eux veut aller plus loin.

C’est notamment le cas de Rome et Prague.

À l’issue d’entretiens bilatéraux, les dirigeants conservateurs des deux pays ont tenu une conférence de presse durant laquelle M. Fiala a déclaré que « la République tchèque et l’Italie font partie des pays qui veulent aller plus loin que le pacte sur les migrations et trouver une véritable solution à l’immigration clandestine, ce qui n’est pas encore le cas en Europe ».

La République tchèque et l’Italie font partie du groupe informel d’États membres de l’UE qui préparent une lettre commune demandant à la Commission européenne le transfert des procédures d’immigration en dehors du territoire de l’UE.

M. Fiala a confirmé que le groupe comprenait actuellement 19 pays.

Mme Meloni, pour sa part, a affirmé : « Nous sommes d’accord sur le fait que pour gérer l’immigration, la priorité est de travailler sur l’externalisation, donc de travailler avec les pays tiers, de prévenir le flux plutôt que de devoir le gérer ».

« L’Italie donne un bon exemple avec le plan Mattei pour l’Afrique, qui vise à construire un nouveau modèle de développement et de coopération par rapport au passé », a-t-elle ajouté, faisant référence au plan de 5,5 milliards d’euros de son gouvernement pour favoriser le développement économique en Afrique, stimuler la croissance afin de réduire l’immigration irrégulière vers l’Europe, et positionner l’Italie comme une plaque tournante énergétique pour le transport du gaz naturel de l’Afrique vers l’Europe.

L’Italie a également été le premier pays de l’UE à signer un accord bilatéral d’externalisation avec l’Albanie.

Le plaidoyer de Mme Meloni en faveur de cette approche innovante a non seulement remodelé la stratégie migratoire de l’Italie, mais a également incité l’Union européenne à lui emboîter le pas, ce qui a conduit à la signature d’accords avec la Tunisie et l’Égypte.

« La coopération italienne avec l’Albanie est un exemple de modèle que nous pouvons tenter d’étendre. C’est une façon de traiter l’immigration illégale », a expliqué M. Fiala.

Anitta Hipper, porte-parole de la Commission européenne pour les Affaires intérieures, a confié à Euractiv la semaine dernière qu’il était possible pour l’UE et les États membres de coopérer avec des pays en dehors de l’UE pour gérer l’immigration.

« Il est important que cela se fasse dans le plein respect du droit européen et international », a-t-elle ajouté.

Cependant, un responsable de l’UE proche du dossier a indiqué à Euractiv qu’il fallait d’abord mettre en œuvre le pacte migratoire actuel.

« Nous nous en tenons à la mise en œuvre de ce qui a été convenu […] c’est notre boussole », a déclaré le responsable européen, ajoutant que le nouveau pacte migratoire a été signé par tous les États membres « précisément parce qu’il crée une situation gagnant-gagnant pour tous ».

L’idée d’externaliser les procédures d’immigration — y compris l’accord italo-albanais — a également été fortement critiquée par les organisations de défense des droits humains.

L’UE marche donc sur des œufs avec le concept d’externalisation de la gestion des migrations et pourrait être accusée de violer les droits humains et les traités internationaux.

Outre l’immigration, les dirigeants italiens et tchèques ont également des points de vue similaires sur d’autres questions, notamment sur le futur programme de l’UE.

« Nous travaillons ensemble sur des questions européennes et avons des points de vue très similaires sur l’orientation future de l’Europe », a souligné M. Fiala, soulignant que la compétitivité et l’économie de l’UE étaient des sujets d’intérêt commun.

Mme Meloni a souligné la nécessité pour l’Europe de devenir un « géant géopolitique », ce qui va de pair avec « une industrie européenne qui doit répondre aux besoins d’un système international complexe ».

Les deux dirigeants se sont également félicités de la « solide amitié » et des « excellentes relations » entre l’Italie et la République tchèque.