L’Italie présente un décret « sécheresse » pour faire face à une sévère crise de l’eau

Le gouvernement italien a adopté un nouveau décret sur la sécheresse pour faire face à la sévère crise de l’eau dans le pays, en nommant notamment un commissaire national chargé de superviser les interventions d’urgence.

Euractiv.com
salvini
« L’objectif est de passer l’été, car le niveau des rivières, des glaciers et des lacs, en particulier dans le nord de l’Italie, est dramatique. Si nous n’avons pas un printemps pluvieux, l’été sera probablement très compliqué », a mis en garde le ministre des Infrastructures, Matteo Salvini. [<a href="https://www.governo.it/en/media/water-crisis-steering-committee-meeting-held-palazzo-chigi/22177" target="_blank" rel="noopener">Italian Government Presidency of the Council of Ministers</a>]

Le gouvernement italien a adopté un nouveau décret sur la sécheresse pour faire face à la sévère crise de l’eau dans le pays, en nommant notamment un commissaire national chargé de superviser les interventions d’urgence.

L’Italie est régulièrement frappée par la sécheresse durant les mois d’été. Cependant, l’année dernière, plusieurs régions ont été déclarées en « état de calamité » en raison de la pire sécheresse depuis 70 ans.

Cette année, la situation devrait encore s’aggraver car le pays a connu des précipitations exceptionnellement faibles au cours de l’hiver.

« L’objectif est de passer l’été, car le niveau des rivières, des glaciers et des lacs, en particulier dans le nord de l’Italie, est dramatique. Si nous n’avons pas un printemps pluvieux, l’été sera probablement très compliqué », a mis en garde le ministre des Infrastructures, Matteo Salvini.

Le décret, présenté par M. Salvini et approuvé par le Conseil des ministres jeudi dernier (6 avril), vise à accélérer les procédures d’autorisation pour les infrastructures hydrauliques. Il prévoit la création d’un groupe de travail sous la responsabilité de M. Salvini et la nomination d’un commissaire national extraordinaire dont le mandat expirera à la fin du mois de décembre, mais pourra être prolongé d’un an.

Les mesures prévues par le décret comprennent des procédures simplifiées pour la conception et la construction d’infrastructures hydrauliques, l’augmentation des volumes utilisables des réservoirs d’eau et la possibilité de construire des bassins d’eau de pluie à usage agricole dans un volume maximal spécifié.

Le décret comprend également des dispositions relatives à la réutilisation des eaux usées purifiées à des fins d’irrigation et à la simplification de la construction d’usines de dessalement pour produire de l’eau potable à partir de l’eau de mer.

Un groupe de travail définira les interventions qui doivent être mises en œuvre d’urgence dans les 30 jours pour résoudre la crise de l’eau à court terme. En cas de retard ou de problèmes critiques, le groupe de travail activera des procédures d’urgence pour surmonter les obstacles.

La Première ministre Giorgia Meloni a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la crise de l’eau. « Depuis une vingtaine d’années, l’Italie souffre d’un problème de sécheresse cyclique. Jusqu’à présent, aucun gouvernement n’a choisi de s’y attaquer de manière structurelle. Nous choisissons de le faire avant que cela ne devienne une urgence », a déclaré Mme Meloni jeudi dernier.

Les détracteurs du décret affirment qu’il vise à atténuer les effets de la crise de l’eau plutôt qu’à s’attaquer à ses causes profondes.

L’écologiste Eleonora Evi, membre du parti Europe verte-Les Verts, a exprimé ses inquiétudes sur Twitter, déclarant que le décret « ne s’attaque pas aux causes de la sécheresse, mais agit en réalisant des travaux à grande échelle (barrages, dessalinisateurs, réservoirs) en ignorant les procédures d’évaluation de l’impact sur l’environnement et en donnant des pouvoirs pour “surmonter les dissensions” ».

« Un certain modèle d’agriculture intensive, en particulier l’élevage, est à l’origine d’un énorme gaspillage d’eau qui ne peut être ignoré », écrit-elle, ajoutant que la réduction de la consommation de viande et la promotion de régimes alimentaires à base de plantes devraient faire partie d’une action plus large et plus clairvoyante.

Selon un rapport récent de l’ISTAT, l’Italie gaspillerait de grandes quantités d’eau en raison de fuites dans les canalisations. En 2020, les aqueducs du pays avaient perdu 42,2 % de l’eau qu’ils transportaient.

Mme Evi a appelé à des actions concrètes telles que la reforestation et des politiques visant à réduire la consommation de terres et la perte d’eau potable dans un réseau devenu poreux en raison de la crise climatique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]