Les Verts insistent sur la nécessité d’une coalition pro-UE solide au Parlement européen
Les co-présidents du groupe des Verts au Parlement européen ont qualifié de « constructif » leur rencontre avec Ursula von der Leyen au sujet de son programme pour la législature à venir et ont également souligné l’importance de former une coalition pro-UE forte.
Les co-présidents du groupe des Verts au Parlement européen ont qualifié de « constructif » leur rencontre avec Ursula von der Leyen au sujet de sa reconduction à la tête de la Commission européenne et de son programme pour la législature 2024-2029. Ils ont également souligné l’importance de former une coalition pro-UE forte, notamment à l’approche des élections américaines.
Pour être réélue par le Parlement européen lors d’un vote qui aura lieu le 18 juillet, Ursula von der Leyen compte sur le soutien de son parti, le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, mais également des Socialistes et Démocrates européens (S&D) et des libéraux de Renew, qui se sont tous les trois engagés à former une coalition centriste pro-UE au cours de la prochaine législature.
Le PPE dispose de 188 sièges, les socialistes de 136 et les libéraux de 76, ce qui lui assure une majorité de 400 sièges sur les 720 que compte l’hémicycle européen.
Cependant, étant donné que le vote du 18 juillet se fera à bulletins secrets, le PPE a déjà noté qu’il pourrait potentiellement perdre des votes de certains membres des groupes de cette coalition.
Face à ces incertitudes, le 1er juillet, Ursula von der Leyen a entamé des discussions avec les Verts en vue d’obtenir leurs 53 voix pour sa reconduction à la barre de l’exécutif européen.
Pas de retour en arrière sur le Green Deal
Lors de leur rencontre avec Ursula von der Leyen, les Verts ont présenté leurs priorités pour les cinq années à venir, insistant sur la nécessité de ne pas revenir en arrière concernant le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal).
« Nous attendons un engagement clair sur le fait de ne pas revenir en arrière, mais il est également très clair que nous avons besoin de nouvelles discussions sur la mise en œuvre et qu’il y aura de nouvelles propositions », a affirmé l’un des co-président du groupe, Bas Eickhout, ajoutant que cette réunion était une « étape importante ».
De son côté, l’autre co-présidente, Terry Reintke, a déclaré : « Nous avons eu des échanges très constructifs concernant les priorités. »
Une coalition pro-UE solide
L’eurodéputée a également souligné l’intérêt commun de créer une coalition pro-UE « forte » sans les forces d’extrême droite.
Elle a critiqué la gestion par la Hongrie de Viktor Orbán de son début de présidence du Conseil de l’UE, qui a débuté le 1er juillet et durera jusqu’à la fin de l’année, et a mis en garde contre l’issue que pourrait avoir l’élection présidentielle aux États-Unis.
« C’est pourquoi une majorité stable, une Union européenne stable, tournée vers l’avenir, constructive et travaillant ensemble est d’un intérêt commun très fort. C’est ce qui est ressorti très clairement de la réunion d’aujourd’hui », a-t-elle ajouté.
« Nous ne voulons pas que les forces d’extrême droite influencent l’agenda de l’UE dans les années à venir », a-t-elle noté.
Interrogée par Euractiv sur l’opinion du PPE à ce sujet, Terry Reintke a répondu : « Je pense que le PPE est un groupe très désuni, et je pense qu’il y a différentes délégations qui ont des positions très différentes sur ce sujet, et nous avons évidemment une préférence pour le côté qui devrait prévaloir dans cette lutte interne au groupe ».
Pour sa part, Bas Eickhout a affirmé que pour les Verts, l’objectif est de voter « en tant que groupe » au sujet d’Ursula von der Leyen.
« Nous préférons voter en tant que groupe […] les Verts ont été le groupe le plus cohérent au Parlement européen », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que les Verts attendront le discours de la présidente sortante et la présentation de son programme définitif la semaine prochaine au Parlement avant de prendre leur décision finale « puisqu’elle peut maintenant s’adresser à tous les groupes différents et ajuster son message ».
« Je pense que l’ordre dans lequel [Ursula] von der Leyen s’est rendue cette semaine dans les quatre groupes politiques est également très clair […] Je pense que cet ordre est déjà révélateur de ses intentions », a-t-il affirmé.
La présidente rencontrera les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) d’extrême droite en dernier, la semaine prochaine.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]