Luc Frieden, ex-dauphin de Juncker, nouveau Premier ministre du Luxembourg
Luc Frieden, qui doit prêter serment vendredi comme nouveau Premier ministre du Luxembourg, est un « revenant » dans l'arène politique du Grand-duché.
Luc Frieden, qui doit prêter serment vendredi (17 novembre) comme nouveau Premier ministre du Luxembourg, est un « revenant » dans l’arène politique du Grand-duché.
Ce juriste de 60 ans, chef de file des chrétiens-sociaux, a été un ministre-clé de Jean-Claude Juncker avant d’être écarté avec lui du pouvoir il y a dix ans.
Mercredi (15 novembre), son parti et celui du Premier ministre sortant, le libéral Xavier Bettel, ont validé leur accord de coalition et la composition du nouveau gouvernement qu’il dirigera.
« Cette coalition est un nouveau commencement pour le Luxembourg, pour renforcer l’économie et préparer l’avenir », a déclaré Luc Frieden lors d’une conférence de presse dans la soirée.
Au Grand-duché, M. Frieden a cumulé pendant les années 2000 les portefeuilles de la Justice et du Budget, des fonctions dans lesquelles il a vécu à la fois la création de l’euro et la crise financière.
En 2009, il devient ministre des Finances. Il est alors présenté comme le dauphin du Premier ministre Jean-Claude Juncker.
Mais ce dernier l’entraîne dans sa chute quand le parti chrétien-social (CSV, conservateurs) est écarté du pouvoir après des élections anticipées provoquées en 2013 par un scandale touchant le Service de renseignement.
C’est un tournant dans la carrière de ce diplômé en droit de la Sorbonne à Paris, passé aussi par les universités de Cambridge au Royaume-Uni et de Harvard aux Etats-Unis.
En 2014, Luc Frieden devient vice-président de la Deutsche Bank à Londres, un départ vers le privé qui lui vaut d’être considéré comme « un traître » par une frange de son parti.
Et qui lui permet aussi d’exercer son anglais et son allemand, langues qu’il maîtrise autant que le luxembourgeois et le français.
Ces dernières années, Luc Frieden a présidé le conseil d’administration de la BIL (Banque internationale à Luxembourg) ainsi que la Chambre de commerce du Luxembourg, et a été associé d’un cabinet d’avocats d’affaires.
Bettel nommé chef de la diplomatie
Des activités mises de côté quand il est devenu le chef de file des chrétiens-sociaux pour les élections législatives.
Aujourd’hui émancipé de son mentor (Juncker est retiré de la politique après son mandat à la tête de la Commission européenne entre 2014 et 2019), Luc Frieden « accomplit son rêve » en prenant le poste de Premier ministre, souligne Caroline Mart, qui suit la politique depuis près de 40 ans pour la chaîne RTL.
Les chrétiens-sociaux du CSV et les libéraux du DP négociaient leur entente depuis le lendemain des élections du 8 octobre, marquées par un net recul des écologistes qui a entraîné la chute de la coalition sortante.
Après la prestation de serment prévue vendredi devant le Grand-duc, Luc Frieden sera officiellement chef du gouvernement, à la tête d’une équipe composée de quatorze autres ministres dont Xavier Bettel chargé des Affaires étrangères.
Durant cette campagne, Luc Frieden est apparu comme le candidat de la place financière, moteur économique du pays.
Il a promis de « résoudre tous les problèmes par la croissance » et de baisser les impôts pour tous, rappelle Caroline Mart. C’est ainsi qu’il a convaincu un électorat largement composé de « fonctionnaires et de propriétaires », relève-t-elle.
Mais un des défis pour le nouveau pouvoir sera d’assurer l’investissement de l’Etat dans le logement et les énergies renouvelables notamment, sur fond de creusement de la dette et du déficit public.
Né le 16 septembre 1963 à Esch-sur-Alzette, dans le sud industriel du Luxembourg, Luc Frieden a décroché son premier poste ministériel en 1998, quatre ans après son entrée au Parlement. Outre la Justice et les Finances, il a aussi été ministre de la Défense entre 2004 et 2006.
Il est marié et père de deux enfants.