L’UE au secours des secteurs des fruits, des légumes et du vin touchés par des conditions météorologiques extrêmes

Alors que plusieurs régions sont aux prises avec les conséquences de fortes précipitations et que de nombreuses parties de l’Europe sont encore frappées par une sécheresse extrême, l’UE prend des mesures pour atténuer les répercussions sur les secteurs des fruits, des légumes et du vin.

Euractiv.com
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Le printemps et l’été 2023 en Europe ont été marqués par une série de phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont notamment eu des répercussions sur la production agricole. [[SHUTTERSTOCK/julylx]]

Alors que plusieurs régions sont aux prises avec les conséquences de fortes précipitations et que les cultures de nombreuses parties de l’Europe sont encore frappées par une sécheresse extrême, l’Union européenne prend des mesures pour atténuer les répercussions sur les secteurs des fruits, des légumes et du vin.

Le printemps et l’été 2023 en Europe ont été marqués par une série de phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont notamment eu des répercussions sur la production agricole.

Plus récemment, les fortes pluies qui se sont abattues sur la Slovénie et le sud de l’Autriche au début du mois d’août ont encore porté un coup au secteur agricole. En Autriche, le principal assureur agricole du pays (HV) a estimé que les pluies avaient occasionné environ 220 millions d’euros de dégâts, contre 170 millions d’euros pour les inondations de 2022, a indiqué son PDG Kurt Weinberger aux médias autrichiens.

En Slovénie, les données sur les dégâts agricoles n’ont pas encore été publiées, mais le président du gouvernement Robert Golob a estimé le total des dommages à plus de 500 millions d’euros.

Par ailleurs, de nombreuses régions d’Europe restent confrontées à une grave sécheresse, selon les données récentes de l’Observatoire européen de la sécheresse.

Au cours des dix premiers jours du mois d’août — la période la plus récente qui a fait l’objet de mesures — près d’un quart du territoire de l’Union se trouvait en situation d’« avertissement », c’est-à-dire que son sol présentait un déficit d’humidité, ou en situation d’« alerte », le niveau d’alerte le plus élevé de l’Observatoire, qui s’accompagne d’un stress de la végétation d’une région.

Alors que de sérieuses sécheresses ont marqué le printemps de la péninsule ibérique et d’autres parties du sud de l’Europe, les épisodes de sécheresse les plus récents ont été davantage concentrés dans le nord de l’Europe.

Selon le rapport de juin de l’Observatoire européen de la sécheresse, cette situation concerne en particulier les régions de la mer Baltique, de la péninsule scandinave, du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Allemagne, où « elle suscite des inquiétudes pour la croissance des cultures ».

La sécheresse laisse des traces dans le sud de l’Europe

Selon le rapport, si le sud de l’Europe « commence tout doucement à se remettre de la sécheresse », ce phénomène météorologique qui date du printemps a laissé des traces sur la production agricole. En effet, les récentes pluies « n’ont pas contrebalancé les effets d’un manque persistant de précipitations et des vagues de chaleur », ce qui a entraîné de « sévères » répercussions sur les cultures et la végétation, peut-on lire dans le rapport.

Dans ce contexte, la Commission européenne a pris des mesures pour atténuer les conséquences sur le secteur des fruits, des légumes et du vin au début du mois.

La production de fruits et légumes dans plusieurs régions de l’UE « a été gravement endommagée » en raison des « évènements météorologiques défavorables » du printemps, avait déclaré un porte-parole de la Commission le 11 août dernier.

De nombreux viticulteurs n’ont pas été en mesure d’achever leurs plantations « à la période la plus appropriée », a ajouté le porte-parole.

Pour remédier à cette situation, un « train de mesures de flexibilité » introduit par la Commission le 8 août devrait permettre aux États membres et aux agriculteurs de bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre dans le cadre des programmes de l’UE du secteur jusqu’à la fin de l’année.

Interventions sur le marché

Le train de mesures prévoit certaines dérogations dans le cadre des plans stratégiques nationaux (PSN), par le biais desquels les États membres mettent en œuvre le programme de subventions agricoles de l’UE et l’organisation commune des marchés agricoles (OCM), qui constituent le filet de sécurité classique des agriculteurs en cas de crise du marché.

En outre, la Commission a introduit des dérogations au régime d’autorisation de plantation de vignes afin de veiller à ce que les producteurs qui n’ont pas pu mettre en œuvre les autorisations de plantation en raison des inondations ne perdent pas leurs droits.

L’exécutif de l’UE était déjà intervenu sur le marché en faveur du secteur vitivinicole à la fin du mois de juin, dans le but de permettre aux États membres de faire face aux quantités excessives de vin sur le marché.

Il avait alors autorisé les gouvernements nationaux à lancer une « distillation de crise » afin d’éviter que les prix à la production ne s’effondrent en raison de l’importance des récoltes des années précédentes.

En pratique, cette décision signifie que, jusqu’à la mi-octobre, toute quantité excédentaire de vin sera distillée et retirée du marché, l’alcool ainsi obtenu étant ensuite utilisé à des fins non alimentaires.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]