L’UE co-financera un pont reliant la Sicile au continent européen

Le ministre italien des Transports Matteo Salvini et la commissaire européenne à l’Industrie Adina-Ioana Valean ont signé, lundi (5 décembre), un accord visant à garantir le financement d’un pont reliant la Sicile au reste de l’Italie et au continent européen.

EURACTIV Italie
New Italian Cabinet holds first meeting in Rome
Matteo Salvini promet que les chantiers débuteront dans deux ans. [EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Le ministre italien des Transports Matteo Salvini et la commissaire européenne à l’Industrie Adina-Ioana Valean ont signé, lundi (5 décembre), un accord visant à garantir le financement d’un pont reliant la Sicile au reste de l’Italie et au continent européen.

S’il venait à être construit, le pont sur le détroit de Messine permettrait de relier l’île au continent européen. Ce projet a été initialement proposé dans les années 1990, mais a rencontré de nombreux obstacles et accusé beaucoup de retard depuis.

« Le pont sur le détroit de Messine est le lien stable entre la Sicile et le continent. C’est une priorité pour moi, pour le gouvernement et pour des millions d’Italiens », a déclaré M. Salvini, ministre des Infrastructures et des Transports, mais également chef de file du parti d’extrême droite Ligue (Lega) et vice-premier ministre italien, au Conseil de l’UE lundi.

Selon le ministre, le projet présente également un grand intérêt pour la Commission européenne et d’autres pays européens, qui verraient dans ce pont l’achèvement d’un « corridor européen fondamental » reliant ainsi la Sicile au réseau routier européen et à la Scandinavie grâce à l’autoroute E45.

Matteo Salvini promet que les chantiers débuteront dans deux ans.

« Nous ramenons à la vie l’entreprise [qui construira le pont], après des années et des années d’interruption forcée. J’ai l’honneur et la responsabilité de donner les indications. Ensuite il y a les ingénieurs qui […] travailleront sur le projet », a expliqué le ministre.

Il sera ensuite possible de revenir à Bruxelles pour « comprendre ce qui peut être subventionné » par l’Union européenne, qui semble prête à donner un coup de main à Rome pour le projet.

Mme Valean, pour sa part, s’est dite « honorée » de pouvoir aider concrètement l’Italie dans le démarrage du projet, à condition qu’un plan financier solide soit officiellement établi.

La commissaire à l’Industrie a également souligné que le projet de pont figurait depuis longtemps parmi les infrastructures susceptibles d’être financées dans le cadre du réseau transeuropéen de transport (RTE-T).

« Après cinquante ans de discours, de nombreuses conférences et des millions [d’euros] dépensés, nous avons bien l’intention d’aller de l’avant [avec ce projet] », a indiqué M. Salvini.

D’autres infrastructures stratégiques sont également sur la table du gouvernement de la Première ministre récemment élue Giorgia Meloni, comme la nouvelle ligne ferroviaire reliant Turin et Lyon ainsi que le financement européen du tunnel du Brenner.

« L’Italie est un acteur parce que plusieurs axes se trouvent dans les corridors d’intérêt européen », a poursuivi M. Salvini, faisant également référence à la ligne ferroviaire Trieste-Ljubljana et au port commercial de Civitavecchia, près de Rome.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]