L’UE condamne la dissolution par le Kosovo de l’équipe responsable de l’Association des municipalités à majorité serbe
L’UE a critiqué la dissolution de l’équipe responsable de l’Association des municipalités à majorité serbe par le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, un jour seulement après la réunion entre les dirigeants de Belgrade et Pristina organisée à Bruxelles.
L’UE a critiqué la dissolution de l’équipe responsable de la mise en place de l’Association des municipalités à majorité serbe par le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, un jour seulement après la réunion entre les dirigeants de Belgrade et Pristina organisée à Bruxelles.
M. Kurti a rencontré le président serbe Aleksandar Vučić lors d’une réunion facilitée par l’UE en vue de normaliser les relations entre les deux pays. Le principal point à l’ordre du jour portait sur la création controversée d’une association ethnique serbe dans le nord du Kosovo, qui, selon Belgrade, donnerait aux Serbes plus d’autonomie et de droits.
Une proposition de cadre a été présentée par l’équipe responsable du projet, mais M. Kurti l’a rejetée au motif qu’elle était inconstitutionnelle, conformément à une décision de justice de 2015. À la place, il a présenté son propre cadre, qui, selon lui, respecte les lois fondamentales de son pays.
Un jour après la réunion, M. Kurti a donné son feu vert pour que l’ensemble de l’équipe nommée par le gouvernement précédent et dirigée par Danijela Vujičić, députée du parti au pouvoir en Serbie — le Parti progressiste serbe (Srpska napredna stranka, SNS) — soit démise de ses fonctions.
L’UE n’a pas accueilli favorablement la nouvelle : son porte-parole, Peter Stano, a déclaré que l’équipe devrait rester en fonction jusqu’à ce que l’Association soit approuvée et mise en œuvre.
« En ce qui concerne la décision du Kosovo de dissoudre l’équipe de gestion, les accords du dialogue stipulent clairement que l’équipe de gestion doit être opérationnelle jusqu’à ce que les statuts de l’Association/Communauté des municipalités à majorité serbe soient approuvés », a-t-il expliqué à kallxo.com.
Il a ajouté que cette décision enfreint « la lettre et l’esprit des accords du dialogue ».
« Toute décision concernant l’équipe de gestion doit être approuvée dans le cadre du dialogue facilité par l’UE », a expliqué M. Stano.
M. Stano a ajouté que le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, et l’envoyé spécial de l’UE pour le dialogue Belgrade-Pristina, Miroslav Lajčák, inviteront les négociateurs en chef du Kosovo et de la Serbie, Besnik Bislimi et Petar Petković, à entamer des négociations sur la charte.
M. Stano a également précisé que l’équipe de gestion sera invitée à y participer si cela s’avérait nécessaire.
« Nous attendons des deux parties qu’elles s’engagent dans le processus de manière constructive et de bonne foi et qu’elles concluent rapidement les négociations », a déclaré M. Stano.
L’ambassadeur d’Allemagne au Kosovo, Jorn Rohde, a quant à lui déclaré à la radio-télévision RTK que l’Association devait s’aligner sur la constitution du pays.
« Nous sommes loin de comprendre la nature de l’Association, mais l’Allemagne continuera à soutenir la pleine mise en œuvre de tous les accords qui ont été acceptés et signés à Bruxelles ainsi qu’à aider le Kosovo. Nous avons toujours dit que tout type de statut devait être conforme à la Constitution du Kosovo », a-t-il expliqué.
Le diplomate allemand a lui aussi critiqué la décision du gouvernement de renvoyer l’équipe de gestion, estimant que cette décision n’était pas conforme aux accords de Bruxelles.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]