L’UE doit reconnaître ses échecs en matière de migration, selon Roberta Metsola

L’UE doit améliorer sa réponse au problème de l’immigration irrégulière, a déclaré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola jeudi, alors que le sujet continue de faire débat à l’approche des élections européennes.

Euractiv.com
Konrad Adenauer Foundation event
« La migration est un domaine dans lequel nous avons vu trop peu de progrès au cours des dix dernières années », a reconnu Roberta Metsola. [EPA-EFE/HANNIBAL HANSCHKE]

L’Union européenne doit améliorer sa réponse au problème de l’immigration irrégulière, a déclaré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (Parti nationaliste maltais, Parti populaire européen), ce jeudi (9 novembre), alors que le sujet continue de faire débat au sein de l’UE, à sept mois des élections européennes.

Face à la pression croissante exercée par l’augmentation récente de l’immigration irrégulière, les États membres de l’UE ont entrepris de réformer le système d’asile commun, après avoir échoué à plusieurs reprises à se mettre d’accord sur un nouveau régime fonctionnel.

Lors du discours annuel sur l’État de l’Europe de la Fondation Konrad Adenauer (KAS) — un groupe de réflexion affilié à la CDU allemande (PPE) — à Berlin, Mme Metsola a déclaré qu’il était nécessaire de reconnaître ces échecs.

« La migration est un domaine dans lequel nous avons vu trop peu de progrès au cours des dix dernières années », a-t-elle déclaré, ajoutant que la solution exigerait également d’être « ferme avec ceux qui ne sont pas éligibles à l’asile ».

La proposition de réforme du pacte sur la migration et l’asile comprend une répartition plus équilibrée des arrivées entre les États membres et un contrôle des demandes d’asile qui se fera directement aux frontières de l’UE.

Mme Metsola affiche un « optimisme prudent » à ce sujet, déclarant que les négociations en cours permettraient « enfin de sortir de l’impasse » sur l’immigration.

Il est important d’utiliser les succès de l’UE pour véhiculer une image positive de celle-ci et raviver l’enthousiasme à l’égard de l’Union, a également affirmé la présidente.

« Nous avons besoin que davantage de personnes réfléchissent […] à la manière dont nous pouvons rapprocher l’UE de ceux que nous représentons ; à la manière dont nous pouvons rendre l’Europe moins bureaucratique et plus axée vers le changement », a-t-elle souligné, tout en demandant aux participants présents à l’évènement à Berlin de s’engager dans la politique européenne et de prêter attention aux prochaines élections de l’UE.

L’UE doit gagner en visibilité

La promotion active des thèmes de l’UE a été une préoccupation majeure de Mme Metsola tout au long de son mandat.

Ses apparitions publiques ont attiré l’attention, notamment lors d’une rencontre avec l’actrice Cate Blanchett au Parlement et lors d’un voyage important en Israël en compagnie de la présidente de la Commission européenne , Ursula von der Leyen, à la suite de l’attentat du 7 octobre perpétré par le Hamas palestinien.

La notoriété croissante de la Maltaise a donné lieu à des rumeurs selon lesquelles elle pourrait prétendre à des postes de premier plan au sein de l’UE, notamment à la présidence de la Commission.

À Berlin, Mme Metsola a souligné ses ambitions personnelles en abordant avec assurance des sujets géopolitiques plus vastes, tels que le conflit entre Israël et le Hamas. Elle a réitéré la demande du Parlement européen en faveur de pauses humanitaires et, à terme, d’une solution qui serait élaborée par les deux états.

Elle a également souligné que l’UE devait offrir à l’Ukraine, à la Moldavie et aux pays des Balkans occidentaux « une perspective européenne claire […] si nous voulons continuer sur cette voie ».