L’UE durcit le ton à l’égard de la Géorgie à l’approche des législatives du 26 octobre

Alors que la Géorgie se prépare à des élections législatives le 26 octobre prochain, les dirigeants de l’UE devraient rappeler à Tbilissi de ne pas revenir sur son orientation pro-européenne actuelle, selon un projet de conclusions d’un sommet à venir consulté par Euractiv.

EURACTIV.com
Protests continue in Tbilisi as Georgian Parliament overrides President’s veto on Foreign Influence Law
Des personnes se rassemblent devant le bâtiment législatif pour protester contre la loi sur la « transparence de l'influence étrangère », qui a suscité une vaste controverse et des manifestations dans tout le pays à Tbilissi, en Géorgie, le 28 mai 2024. [Davit Kachkachishvili/Anadolu via Getty Images]

Alors que la Géorgie se prépare à des élections législatives le 26 octobre prochain, les dirigeants de l’Union européenne (UE) devraient rappeler à Tbilissi de ne pas revenir sur son orientation pro-européenne actuelle, selon un projet de conclusions d’un sommet européen à venir consulté par Euractiv.

À l’approche du scrutin, le parti arrivé au pouvoir en 2012, le Rêve géorgien (KO), dont la tendance est à l’autoritarisme, est en tête des sondages et s’est engagé à empêcher l’opposition d’entrer en fonction si elle devait remporter une majorité suffisante.

Lors d’un sommet des Vingt-Sept prévu la semaine prochaine (16-18 octobre), les dirigeants de l’UE devraient réaffirmer leur « vive inquiétude face à l’évolution de la situation en Géorgie, qui va à l’encontre des valeurs et des principes sur lesquels l’Union européenne est fondée ».

Selon le projet de conclusions du sommet, ils devraient mettre en garde Tbilissi contre le risque « que ne pas inverser le cours actuel des choses mette en péril le parcours de la Géorgie vers l’UE, conduisant de facto à un blocage » et exhorter la capitale géorgienne « à adopter des réformes démocratiques, globales et durables, en accord avec les principes fondamentaux de l’intégration européenne ».

Dans une référence directe aux élections à venir, les dirigeants européens devraient indiquer qu’ils attendent des autorités géorgiennes qu’elles veillent à ce qu’elles soient libres et équitables, « car le peuple géorgien a le droit de choisir son propre avenir politique ».

Le durcissement de la position des dirigeants de l’UE intervient après qu’en juillet dernier, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont annoncé que le processus d’adhésion de Tbilissi avait été de facto interrompu après l’adoption par les autorités du pays d’une loi controversée sur les « agents étrangers ».

Cette loi, calquée sur une loi russe similaire, qualifie les ONG et les médias soutenus par l’Occident d’« agents étrangers » et restreint les droits civils.

Mardi 8 octobre, la délégation de l’UE en Géorgie a également confirmé que le pays « perdra 121 millions d’euros d’aide de l’UE, en raison du recul démocratique » au sein du pays.

« Cela concernerait également les fonds restants de 2022 et 2023 bénéficiant directement aux autorités », a-t-elle déclaré dans le même communiqué.

Soutien au peuple géorgien et adhésion à l’UE

Au-delà de l’État de droit, les dirigeants européens devraient réitérer leur « solidarité avec le peuple géorgien et la volonté de l’Union de soutenir une voie européenne pour la Géorgie ».

La distinction directe entre le soutien apporté au gouvernement du pays et celui apporté aux citoyens géorgiens est devenue de plus en plus claire dans les communications de l’UE au cours des derniers mois.

Bien qu’il soutienne publiquement l’intégration européenne du pays, le gouvernement dirigé par le Rêve géorgien a progressivement adopté une rhétorique anti-occidentale, blâmant l’UE et les États-Unis pour les troubles intérieurs et le « bellicisme » à la lumière de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

En réponse à la répression intérieure, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a conçu une série de mesures, dont des sanctions à l’encontre de hauts responsables du gouvernement, la réduction de l’aide financière et la restriction des voyages sans visa, qu’il pourrait utiliser si la situation interne dans le pays candidat à une adhésion à l’UE venait à se détériorer.

Le document interne suggère que l’UE pourrait envisager des mesures supplémentaires « en cas de falsification des élections et de manquement grave au processus électoral ».

Dans un entretien accordé à Euractiv la semaine dernière, la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili a déclaré que Bruxelles devrait garder ses options ouvertes jusqu’à la fin des élections pour réagir à une éventuelle détérioration de la situation dans le pays.

Alors que Salomé Zourabishvili a déclaré qu’elle était convaincue que les forces pro-européennes l’emporteraient, elle a ajouté qu’elle espérait voir des « partenaires européens prêts à nous ramener » vers la voie de l’adhésion à l’UE après les élections.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]