L’UE envisage une suspension partielle de la coopération avec Israël dans le domaine de la recherche
Les commissaires européens ont convenu lundi 28 juillet de proposer une suspension partielle de la participation d’Israël au programme Horizon Europe — qui représente plusieurs centaines de millions d’euros — en raison de la crise humanitaire à Gaza.
Lors d’une réunion à huis clos qui s’est tenue lundi soir à Bruxelles, de hauts responsables de l’UE se sont réunis pour convenir de proposer une suspension partielle de l’accord de coopération avec Tel-Aviv dans le domaine de la recherche, bien que la décision finale appartienne désormais aux États membres.
Horizon Europe est le programme phare de l’UE en matière de recherche et d’innovation. Il permet de financer la recherche scientifique, le développement technologique et la collaboration transfrontalière. Les pays non membres de l’UE, tels qu’Israël, peuvent y participer grâce à des accords d’association spéciaux, et l’État hébreu y participe depuis 2021.
La suspension discutée concerne la participation d’entités établies en Israël à des activités financées au titre de l’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI).
Cette suspension était l’une des options envisagées parmi les mesures qui pourraient être prises à l’encontre de ce pays, élaborées par le Service européen pour l’Action extérieure (SEAE) au début du mois en réponse à une violation de l’article 2 de l’accord d’association UE-Israël.
Si elle est approuvée par les États membres (la majorité qualifiée étant requise), cette mesure serait la première sanction concrète imposée par Bruxelles à Tel-Aviv dans le cadre de sa guerre contre le Hamas à Gaza.
Selon un responsable de l’UE, cette proposition a été faite parce que le bloc ne constate aucune amélioration tangible de la situation humanitaire sur le terrain, malgré la signature d’un accord avec Israël visant à augmenter l’aide alimentaire destinée à Gaza ce mois-ci.
L’Académie des sciences d’Israël avait affirmé en mai que l’expulsion du programme Horizon serait un « arrêt de mort » pour les scientifiques israéliens.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]