L’UE estime qu’il est « trop tôt » pour évaluer la légalité de l’attaque américaine au Venezuela
La Commission européenne a refusé de se prononcer sur la légalité de l’opération militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro, estimant qu’il était trop tôt pour fournir une analyse juridique des évènements survenus samedi 3 janvier.
« Les évènements venant tout juste de se dérouler, il est trop tôt pour examiner et évaluer toutes les implications en termes d’évaluation juridique », a expliqué la porte-parole de la Commission chargée des affaires étrangères, Anitta Hipper aux journalistes ce lundi 5 janvier. Elle a ajouté que « tous les acteurs » devaient néanmoins respecter le droit international.
La porte-parole en cheffe de la Commission, Paula Pinho, a également suggéré que l’intervention militaire de Washington, qui aurait fait 40 morts selon certaines sources et qui a été condamnée par de nombreux experts juridiques, pourrait profiter au peuple vénézuélien en conduisant au renversement du régime autoritaire de Nicolás Maduro.
« Cela peut créer une opportunité pour ceux qui ont été démocratiquement élus au Venezuela de diriger le pays », a affirmé Paula Pinho.
Edmundo González Urrutia, qui a perdu l’élection présidentielle face à Nicolás Maduro l’année dernière lors d’un scrutin que beaucoup pensent truqué, s’est présenté comme le « président élu » du Venezuela dans un message publié dimanche 4 janvier sur les réseaux sociaux.
Edmundo González est soutenu par María Corina Machado, autre leader de l’opposition qui a remporté le prix Nobel de la paix l’année dernière et est une fervente partisane de l’intervention militaire de Washington.
Lors d’une conférence de presse samedi, le président américain Donald Trump a toutefois écarté la possibilité qu’elle remplace Nicolás Maduro, affirmant qu’elle était « une femme très gentille », mais qu’elle « n’avait pas le soutien […] ni le respect » nécessaires pour gouverner ce pays riche en pétrole.
Donald Trump a ensuite averti que l’ancienne vice-présidente Delcy Rodríguez, qui a prêté serment en tant que dirigeante par intérim du Venezuela ce week-end, « paierait un prix très élevé, probablement plus élevé que Maduro » si elle « ne faisait pas ce qu’il fallait ».
Il a également assuré dimanche que Washington était désormais « aux commandes » au Venezuela.
Delcy Rodríguez a condamné les attaques américaines et souligné que le Venezuela « ne redeviendrait jamais la colonie d’un autre empire ». Elle a reçu le soutien de la puissante armée du pays.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé au « calme » et à la « retenue » dimanche, rappelant que l’UE soutient le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.
Un rappel partagé la veille par le président du Conseil européen, Antonio Costa, qui a également exprimé son « inquiétude », ainsi que par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui a appelé à une « transition juste et pacifique » au Venezuela.
Kaja Kallas a par ailleurs souligné que Bruxelles considère Nicolás Maduro comme manquant de légitimité démocratique.
Nicolás Maduro, qui dirige le Venezuela depuis 2013 et qui a été inculpé pour trafic de drogue aux États-Unis, devrait comparaître devant le tribunal de New York plus tard ce lundi, en compagnie de son épouse, Cilia Flore, elle aussi capturée par les forces américaines lors du raid mené tôt samedi matin.
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(asg)