L’UE et le Chili ont conclu un nouvel accord commercial

La ministre chilienne des Affaires étrangères, Antonia Urrejola, s’est rendue à Bruxelles vendredi dernier pour conclure les négociations d’un « accord-cadre avancé », plus ambitieux, qui réduirait la plupart des droits de douane entre l’UE et le Chili.

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« Cet accord couvre un certain nombre de domaines qui n’avaient pas été inclus jusqu’à présent afin de forger des alliances entre le Chili et l’UE sur la base de valeurs et de principes communs », a confié Antonia Urrejola aux journalistes. [Xavier Lejeune (EC Audiovisual Services)]

Vingt ans après la conclusion du premier accord de libre-échange (ALE) entre l’UE et le Chili, la ministre chilienne des Affaires étrangères, Antonia Urrejola, s’est rendue à Bruxelles vendredi (9 décembre) pour conclure les négociations d’un nouvel « accord-cadre avancé », plus ambitieux, qui réduirait la plupart des droits de douane entre l’UE et le Chili.

L’accord prévoit également de nouvelles mesures de protection sociale et environnementale pour accompagner la libéralisation du commerce.

« Cet accord couvre un certain nombre de domaines qui n’avaient pas été inclus jusqu’à présent afin de forger des alliances entre le Chili et l’UE sur la base de valeurs et de principes communs », a confié Mme Urrejola aux journalistes.

Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a salué l’accord comme « un véritable bond en avant en termes d’engagements en matière de durabilité » et a affirmé qu’il « reflète très bien notre intérêt stratégique commun […] dans des domaines tels que les énergies propres et les matières premières ».

Des matières premières critiques

L’Union européenne est le troisième partenaire commercial du Chili et représentait 12 % du commerce total du pays en 2020.

Alors que l’Union exporte principalement des machines, des produits chimiques et des équipements de transport vers le Chili, selon les statistiques commerciales de l’UE, le Chili exporte principalement des produits végétaux et des matières premières.

Avec ses importantes réserves de cuivre et de lithium, le Chili contrôle certaines des matières premières les plus importantes pour assurer la transition vers une économie plus écologique et plus électrifiée.

Dans le même temps, l’UE cherche désespérément à trouver de nouvelles sources pour ces « matières premières critiques » qu’elle importe le plus souvent de Chine.

La Chine est également le partenaire commercial le plus important du Chili, et ce nouvel accord commercial entre l’UE et le Chili peut être considéré comme une tentative de réduire légèrement la dépendance des deux partenaires vis-à-vis de Pékin.

Selon la Commission européenne, l’accord-cadre devrait également faciliter l’accès des entreprises européennes au marché chilien des services et aux marchés publics. En outre, les investisseurs chiliens et européens devraient bénéficier d’un traitement égal au Chili et dans l’UE.

Développement durable et égalité des genres

Les négociations de cet accord avaient techniquement déjà été conclues en octobre 2021. Cependant, les élections chiliennes et l’hésitation de la France à faire avancer les accords de libre-échange pendant les élections présidentielles françaises ont ralenti le processus.

C’est également la raison pour laquelle les chapitres sur le commerce et le développement durable (CDD) de l’accord-cadre ne comprennent pas encore les mécanismes d’application des critères de durabilité que l’UE cherche à inclure dans ses accords de libre-échange, selon l’examen qu’elle a présenté en juin 2022.

Un fonctionnaire européen a affirmé que l’UE et le Chili ont toutefois convenu de revoir le chapitre CDD un an après son entrée en vigueur.

« Nous consacrons également de manière plus visible nos valeurs fondamentales communes, qui sont au cœur de notre coopération, avec une série de nouveaux articles sur des questions telles que les principes démocratiques, les droits de l’homme, l’État de droit, la modernisation de l’État, l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes », a expliqué le fonctionnaire européen.

Mme Urrejola a particulièrement salué le chapitre sur le genre et le commerce. « C’est quelque chose de sans précédent dans les accords commerciaux de l’UE, et c’est une avancée fondamentale pour le Chili également », a-t-elle déclaré.

Une ratification plus facile

Afin de faciliter et d’accélérer l’entrée en vigueur de l’accord commercial, celui-ci a été scindé en deux parties distinctes. La première, un accord de libre-échange intérimaire (ALEi), ne couvre que les parties de l’accord relevant de la compétence exclusive de l’UE, alors que la deuxième est un accord-cadre avancé, qui comprend les parties relatives à la politique, à la coopération et aux investissements et qui doit être ratifié par tous les États membres.

Cela vient en réponse aux difficultés rencontrées ces dernières années pour faire ratifier les accords de libre-échange par tous les États membres.

Selon M. Dombrovskis, l’Union a également envisagé la même architecture pour d’autres accords commerciaux, comme celui avec le Mexique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]