L’UE et les États membres se mobilisent pour lutter contre la résurgence des maladies animales

Plusieurs maladies animales ont de nouveau frappé les pays de l'UE durant l'été. Des milliers de têtes de bétail ont été abattues, entraînant d'importantes pertes financières pour les éleveurs et suscitant des inquiétudes pour les exportations du continent.

/ EURACTIV.com
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Cet été, plusieurs maladies animales ont fait leur réapparition dans l’Union européenne, suscitant l’inquiétude de nombreux éleveurs. [SHUTTERSTOCK/Pordee_Aomboon]

Plusieurs maladies animales ont de nouveau frappé les pays de l’Union européenne (UE) durant l’été. Des milliers de têtes de bétail ont été abattues, entraînant d’importantes pertes financières pour les éleveurs et suscitant des inquiétudes pour les exportations du continent.

Plusieurs maladies touchent actuellement le secteur de l’élevage européen.

La peste des petits ruminants

Depuis la mi-juillet, la Grèce et la Roumanie luttent contre la peste des petits ruminants (PPR), également connue sous le nom de « peste caprine ». Il s’agit d’un virus grave qui affecte les moutons et les chèvres.

Le 20 août, la Commission européenne a annoncé la création de zones règlementées afin d’endiguer la propagation du virus. La Grèce et la Roumanie disposent des filières caprines les plus importantes de l’UE, avec la France et l’Espagne.

Conformément aux protocoles de sécurité sanitaire de l’UE, les troupeaux doivent être abattus si une infection est détectée. En Grèce, plus de 18 000 animaux ont été tués depuis juillet, tandis que la Roumanie a procédé à l’abattage de plus de 200 000 chèvres.

Ces mesures ont entraîné début août une pénurie de viande ovine dans les supermarchés du pays. Ce qui a bouleversé les menus des mariages en Crète, où le plat traditionnel à base de chèvre, le gamopilafo, a dû être remplacé par des plats à base de porc ou de poulet, comme l’ont rapporté les médias locaux.

Lundi 19 août, les restrictions étaient limitées aux zones touchées, mais une interdiction nationale sur les exportations d’ovins et de caprins grecs reste en vigueur. Il en va de même pour la Roumanie.

La peste porcine

La peste porcine africaine (PPA), un virus très contagieux et souvent mortel pour les porcs, a connu une résurgence en août, avec l’apparition de nouveaux foyers en Allemagne, en Pologne et en Italie.

Le 20 août, la Commission européenne a proposé des mesures plus strictes dans la région allemande du Bade-Wurtemberg à la suite de nouveaux cas détectés chez des porcs d’élevage.

L’Italie a également signalé des foyers dans les régions du Piémont et de la Lombardie, conduisant à l’extension des zones touchées. La région polonaise de Kujawsko-Pomorskie a connu une évolution similaire.

C’est en 2023 que l’UE avait été le plus touchée par la peste porcine, depuis l’apparition de la maladie sur le continent européen en 2014. La Croatie et la Roumanie ont pour l’heure concentré 96% des cas, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Les porcs d’élevage sont généralement infectés par contacts avec des sangliers ou des produits contaminés, ou encore par des piqûres de tiques molles.

À l’heure actuelle, il n’existe ni vaccin ni remède contre la peste porcine africaine, une maladie qui affecte l’industrie de l’UE depuis des années. La Chine interdit depuis 2020 les importations de viande de porc en provenance d’Allemagne, le plus grand producteur de l’UE avec l’Espagne.

La grippe aviaire

Deux nouveaux cas de grippe aviaire ou influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés en France au mois d’août. La saison épidémique 2021-2022 avait entraîné l’abattage de 48 millions d’oiseaux dans les élevages européens, dont 21 millions en France.

Le premier cas confirmé depuis janvier a été détecté le 13 août dans un élevage de volailles d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne. Le deuxième cas, identifié le 20 août, concernait un élevage de dindes du Morbihan, également en Bretagne.

En août, le Portugal a également signalé son premier foyer de grippe aviaire depuis 2022, après qu’un goéland sauvage a été testé positif au virus.

Si le nombre global des détections en Europe est le plus faible depuis 2019-2020, le virus continue de circuler et les autorités de santé publique recommandent une surveillance accrue pendant l’été.

La France se prépare à de nouvelles vaccinations à l’automne, après une première campagne nationale l’année dernière. L’opération de 2023 était la première du genre au niveau mondial, et 70 % de ses coûts avaient été couverts par des fonds publics.

Le virus de la fièvre catarrhale ovine

Le virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO) a fait la une des journaux ce mois-ci lorsque des cas de FCO de sérotype 3 (FCO-3), associé à une mortalité accrue chez les ovins, ont été signalés pour la première fois en France, au Luxembourg et au Danemark.

Depuis le début de l’été, les cas de FCO-3 se sont aussi multipliés en Belgique, aux Pays-Bas, et en Allemagne.

La fièvre catarrhale ovine se propage via les insectes et affecte les ruminants tels que les moutons, les chèvres, les bovins et les cervidés — elle n’est toutefois pas contagieuse et ne peut donc pas être transmise par contact direct ou indirect entre les animaux.

La souche de type 3 du virus a été détectée en Sicile (Italie) en 2017 et avait déclenché la panique lorsqu’elle a provoqué la première épidémie grave dans la région d’Amsterdam, aux Pays-Bas, en septembre 2023, se propageant rapidement aux pays voisins.

En plus de réduire la production de lait et de laine, la fièvre catarrhale peut causer des fausses couches et, dans certains cas, être fatale, en particulier chez les ovins.

Pour lutter contre l’épidémie, les Pays-Bas ont accordé une autorisation d’urgence pour trois nouveaux vaccins contre la FCO-3, qui n’ont pas encore reçu l’approbation de l’UE — un mouvement suivi par d’autres pays.

La France a lancé une campagne de vaccination volontaire dans les zones touchées la semaine dernière, et le gouvernement a fourni gratuitement plus de six millions de doses aux propriétaires de bétail.

Les États membres touchés établissent également des zones règlementées, où des tests sont exigés pour les déplacements d’animaux sensibles au virus, ce qui pourrait avoir une incidence sur les flux commerciaux.

La maladie hémorragique épizootique

Le virus de la maladie hémorragique épizootique (MHE) présente des symptômes similaires à ceux du virus de la fièvre catarrhale ovine. Il se transmet via les moustiques et préoccupe grandement les éleveurs.

Cet été, le sérotype 8 de la MHE a fait son retour en France, qui avait connu son premier foyer en septembre 2023. La semaine dernière, le gouvernement français a annoncé que plus de 4000 foyers ont été enregistrés dans les exploitations agricoles du pays.

Le virus pourrait se propager à la Belgique en l’espace de 30 semaines, a averti l’autorité belge chargée de la sécurité alimentaire en juillet.

En Espagne, les cas se multiplient dans le nord du pays, où les éleveurs réclament davantage de fonds pour faire face à l’impact économique de la maladie. Madrid a approuvé en juillet l’utilisation temporaire du premier vaccin contre le MHE-8, mis au point en Espagne.

Des foyers ont également été enregistrés dans le nord du Portugal au cours des dernières semaines.

Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), le virus MHE se limitait traditionnellement à l’Amérique du Nord et à certaines régions d’Asie, mais il s’est propagé aux pays méditerranéens au cours de la dernière décennie en raison de changements climatiques et environnementaux.

Hugo Struna a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anna Martino & Anne-Sophie Gayet]