L’UE prête à « tout » pour éviter les droits de douane de Donald Trump

Bruxelles est prête à discuter de « tout » pour éviter les menaces du président américain d'imposer des droits de douane sur les exportations européennes, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič.

EURACTIV.com
61st Munich Security Conference
Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. [Johannes Simon/Getty Images]

Bruxelles est prête à discuter de « tout » pour éviter les menaces du président américain d’imposer des droits de douane sur les exportations européennes, a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, avant sa visite à Washington cette semaine.

« Je demande à mes partenaires américains pourquoi nous devons endurer cette souffrance », a déclaré Maroš Šefčovič samedi aux participants de la Conférence de Munich sur la sécurité. « S’il y a d’autres questions à régler, asseyons-nous ensemble et réglons-les. »

Le commissaire au Commerce et à la Sécurité économique a laissé entendre que Bruxelles était disposée à réduire son important excédent de biens et de services avec les États-Unis, qui a atteint 50 milliards d’euros l’année dernière et a été critiqué à plusieurs reprises par Donald Trump.

Il a également indiqué que l’Union européenne (UE) était prête à réduire son taux de droits de douane de 10 % sur les voitures, quatre fois plus élevé que celui des États-Unis.

Faisant écho aux précédentes propositions de la Commission, il a continué en déclarant que le bloc pourrait stimuler les achats de produits américains tels que le gaz naturel liquéfié (GNL) ou le soja.

« Si les 50 milliards d’euros posent problème, si les voitures posent problème, si le soja pose problème, si le GNL pose problème — tout ce dont vous voulez discuter, nous sommes prêts à en discuter. »

Quelques heures plus tôt, des responsables européens avaient confirmé que le commissaire se rendrait à Washington ce lundi pour s’entretenir avec de hauts responsables de l’administration Trump, notamment le secrétaire au Commerce désigné Howard Lutnick, le représentant au Commerce désigné Jamieson Greer et le chef du Conseil économique national Kevin Hassett.

La semaine dernière, le président des États-Unis a annoncé des droits de douane de 25 % sur toutes les importations d’acier et d’aluminium ainsi que des « droits de douane réciproques » visant à égaler les taxes imposées par d’autres pays.

Les premiers devraient entrer en vigueur le 12 mars, tandis que les seconds pourraient être introduits dès le 2 avril, selon la Maison-Blanche.

Les analystes et les groupes industriels européens ont averti que les droits de douane risquent d’exacerber le malaise économique du bloc et pourraient conduire à une réorientation et à un « déversement » des exportations chinoises à destination des États-Unis sur les marchés européens.

L’appel désespéré du commissaire européen pour éviter les droits de douane contrastait fortement avec la position plus combative adoptée par Mélanie Joly, ministre canadienne des Affaires étrangères.

Lors de la même table ronde, en effet, Mélanie Joly a fait valoir que la simple menace d’Ottawa d’imposer des droits de rétorsion sur 155 milliards de dollars de marchandises américaines avait persuadé Donald Trump de renoncer à son engagement d’imposer une taxe générale de 25 % sur les marchandises canadiennes au début du mois.

« Ce que le président [Donald] Trump respecte, c’est la force », a-t-elle déclaré, ajoutant que Bruxelles et Ottawa devraient « travailler ensemble » pour faire face aux politiques protectionnistes de Washington, car « si l’administration américaine fait cela au Canada, vous serez les prochains ». a-t-elle mis en garde.

(AM)