L'UE rejette l'exemption néerlandaise pour le fumier en raison de risques de pollution de l'eau
Cette décision abaissera les limites d'épandage de fumier dans tout le pays
La Commission européenne a refusé de prolonger l’exemption accordée aux Pays-Bas en ce qui concerne les règles de l’UE relatives à l’eau, mettant en garde contre les « défis très sérieux » posés par la pollution agricole.
Les Pays-Bas bénéficient actuellement d’une dérogation – qui expire à la fin de l’année – permettant à leurs agriculteurs d’épandre plus de fumier que la limite de 170 kg d’azote par hectare fixée par l’UE dans le cadre de sa directive sur les nitrates.
Celle-ci vise à protéger les eaux de surface et les nappes phréatiques du ruissellement des eaux des champs, chargées de nitrates issus des engrais et du fumier.
Malgré un lobbying intense à Bruxelles, le gouvernement intérimaire néerlandais n’a pas réussi à obtenir une extension des avantages actuels. Par conséquent, le plafond européen pour le fumier s’appliquera à partir de 2026.
Jessika Roswall, commissaire européenne chargée de l’environnement, a déclaré que les niveaux de pollution dans le pays ne laissaient guère le choix à la Commission.
« Les Pays-Bas continuent de faire face à de très sérieux défis en matière de gestion des nitrates et de l’azote. Une nouvelle dérogation ajouterait à ces pressions », peut-on lire dans une lettre envoyée cette semaine à la ministre néerlandaise de l’agriculture, Femke Wiersma.
Devant le Parlement néerlandais, Femke Wiersma a qualifié mardi cette décision de « très décevante ».
Elle a averti que des limites plus strictes en matière de fumier affecteraient les revenus des producteurs laitiers et pourraient les inciter à convertir des prairies en terres arables, ce qui, selon elle, pourrait se retourner contre l’environnement en augmentant le ruissellement des nitrates.
L’Irlande était le seul pays de l’UE à bénéficier d’une dérogation similaire. Dublin a récemment obtenu une nouvelle exemption, mais avec des conditions plus strictes, jusqu’à la fin de l’année 2028.
Dans sa lettre, Jessika Roswall souligne que les agriculteurs néerlandais pourraient bénéficier d’une aide grâce à un plan distinct de la Commission visant à assouplir les règles relatives aux engrais à base de fumier, connu sous le nom de RENURE. La proposition est examinée par le Parlement et le Conseil jusqu’au 8 janvier.