L’UE s’accorde sur son objectif climatique pour 2040, à temps pour la COP30
Les ministres européens de l’Environnement ont approuvé mercredi 5 novembre un objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 1990. L’accord, conclu après près de 20 heures de négociations, donne à Ursula von der Leyen un mandat concret avant son départ pour la COP30 qui s’ouvre cette semaine au Brésil.
L’objectif de 90 % est controversé : impossible à atteindre pour certains, désastreux sur le plan économique pour d’autres… Le compromis, officiellement approuvé au petit matin après d’intenses négociations qui ont duré toute la nuit, n’a été possible qu’au prix de concessions importantes, alimentant les critiques selon lesquelles le projet de loi climat pour 2040 aurait été édulcoré.
Les gouvernements pourront par exemple externaliser jusqu’à 5 points de pourcentage de leurs efforts de réduction en achetant des crédits carbone certifiés par l’ONU, représentant des projets climatiques menés dans des pays en développement, tels que la reforestation ou le remplacement de centrales à charbon par des installations solaires.
Cette flexibilité entrera en vigueur à partir de 2036, après une phase d’essai de cinq ans.
D’autres mesures ont été proposées pour apaiser les inquiétudes des capitales européennes. Par exemple, le nouveau système visant à fixer un « prix du carbone » pour le chauffage et les carburants automobiles, qui devait entrer en vigueur en 2027, sera reporté d’un an.
Sous la pression de l’Italie, et face aux inquiétudes partagées par d’autres pays producteurs automobiles, l’Union européenne réexaminera la règle prévoyant des véhicules neufs à zéro émission à partir de 2035 — une mesure qui équivaut de facto à l’interdiction des ventes de voitures neuves à moteur essence ou diesel.
Ce réexamen s’effectuera dans le cadre de la réflexion sur les carburants « zéro, à faible teneur en carbone et renouvelables ».
Après près de 20 heures de négociations, seules la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie se sont opposées à l’accord. La Belgique et la Bulgarie se sont abstenues.
Le sommet des dirigeants mondiaux pré-COP30 s’ouvre au Brésil le 6 novembre. Ursula von der Leyen devrait participer aux discussions de haut niveau vendredi 7 novembre.a