L’UE s'accorde sur un objectif de 42,5 % de renouvelables d’ici 2030

L’accord sur la directive européenne sur les énergies renouvelables met un terme à un processus de 18 mois visant à moderniser les politiques climatiques de l’Union et à atteindre une réduction nette de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

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Les États membres qui le souhaitent peuvent compléter cet objectif par « un supplément indicatif de 2,5 % qui permettrait d’atteindre 45 % », ajoute le communiqué. [<a href="https://twitter.com/GrudlerCh/status/1641315977559244800?s=20" target="_blank" rel="noopener">Christophe GRUDLER / Twitter</a>]

L’accord sur la directive européenne sur les énergies renouvelables (RED) met un terme à un processus de 18 mois visant à moderniser les politiques climatiques de l’Union et à atteindre une réduction nette de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Les eurodéputés sont parvenus à un accord sur la loi relative aux énergies renouvelables aux premières heures de ce jeudi (30 mars) à Bruxelles, après une longue nuit de négociations qui a débuté la veille à 16 h (heure de Bruxelles).

L’accord politique conclu par le Parlement européen, la Commission et les États membres de l’UE comprend un objectif juridiquement contraignant visant à « porter la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale de l’UE à 42,5 % d’ici 2030 », selon une déclaration publiée à l’issue des négociations.

Les États membres qui le souhaitent peuvent compléter cet objectif par « un supplément indicatif de 2,5 % qui permettrait d’atteindre 45 % », ajoute le communiqué.

« Cet accord historique marque un tournant décisif pour l’Europe dans la lutte contre le changement climatique » a déclaré Christophe Grudler, rapporteur du groupe (Renew) dans les négociations sur la directive.

« Cet accord historique marque un tournant décisif pour l’Europe dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Christophe Grudler, eurodéputé français, rapporteur du groupe (Renew) dans les négociations sur la directive.

« Nous allons non seulement augmenter la part des énergies renouvelables à 42,5 %, mais aussi accélérer considérablement les processus d’autorisation et d’octroi de permis pour les installations d’énergie renouvelable. C’est un bon jour pour la transition énergétique de l’Europe », a-t-il ajouté Markus Pieper, eurodéputé conservateur (Parti populaire européen – PPE) allemand qui a dirigé la délégation parlementaire lors des négociations.

L’accord conclut les négociations sur les principaux éléments du paquet climatique de l’UE « Fit for 55 », présenté en juillet 2021, qui vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Avant d’avoir force de loi, l’accord politique doit encore être officiellement ratifié par les deux colégislateurs de l’UE, à savoir le Parlement européen et le Conseil de l’UE, qui représentent les 27 États membres. Il s’agit généralement d’une formalité.

L’objectif 2030 à mi-chemin

Les négociateurs de l’UE étaient en désaccord sur le niveau d’ambition à atteindre.

Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie l’année dernière, la Commission a proposé d’augmenter l’objectif de l’UE en matière d’énergies renouvelables pour 2030 de 40 à 45 %, une position que le Parlement a soutenue à une écrasante majorité lors d’un vote en septembre.

Accélérer le déploiement des énergies renouvelables est « un élément clé de notre programme visant à abandonner progressivement les combustibles fossiles russes » et à isoler Moscou, avait déclaré Kadri Simson, commissaire européenne à l’Énergie, aux 27 ministres de l’Énergie de l’Union en décembre.

Mais les États membres de l’UE n’ont pas été convaincus et n’ont pu trouver qu’une majorité pour soutenir l’objectif de 40 % proposé par Bruxelles l’année précédente.

Soutenue par d’autres États membres d’Europe centrale et orientale, la Pologne a demandé à l’UE de s’en tenir à l’objectif de 40 %. D’autres pays, comme le Danemark, l’Allemagne et l’Espagne, ont soutenu l’objectif de 45 % et ont rallié huit États membres à leur cause.

Finalement, ils se sont retrouvés à mi-chemin, à 42,5 %. « Nous allons plus loin que ce que voulait le Conseil », note donc M. Grudler.

Reconnaissance du nucléaire

Un différend sur le rôle de l’énergie nucléaire dans la réalisation des objectifs de décarbonation de l’UE a également menacé de faire sérieusement dérailler les négociations avant même que les législateurs n’entrent en scène mercredi.

Dans les faits, quelques heures avant leur réunion, les États membres étaient toujours en désaccord sur la reconnaissance de l’hydrogène produit à partir d’énergie nucléaire à faible teneur en carbone dans le cadre des objectifs européens en matière de carburants renouvelables pour les transports et l’industrie.

La France, soutenue par au moins huit autres États membres, militait pour que l’« hydrogène à faible teneur en carbone » soit déduit des objectifs de l’UE en matière d’énergies renouvelables, ce à quoi s’opposait fermement un groupe rival composé d’au moins neuf autres pays de l’UE, dont l’Allemagne.

Au final, l’accord provisoire donne aux États membres la possibilité de choisir entre deux objectifs en matière de carburants renouvelables pour les transports :

  • un objectif contraignant de réduction de 14,5 % de l’intensité des gaz à effet de serre dans les transports grâce à l’utilisation des renouvelables d’ici 2030  ;
  • un objectif contraignant d’une part d’au moins 29 % de renouvelables dans la consommation finale d’énergie dans le secteur des transports d’ici 2030.

L’objectif de réduction de l’intensité des gaz à effet de serre est une concession à des pays comme la France, qui dispose déjà d’un bouquet électrique à faible teneur en carbone grâce au nucléaire.

Selon Pascal Canfin, l’accord politique « reconnaît le rôle spécifique de l’énergie nucléaire, qui n’est ni verte ni un combustible fossile ».

Pour l’industrie, l’accord prévoit une augmentation annuelle de 1,6 % de l’utilisation des énergies renouvelables d’ici à 2030. En outre, 42 % de l’utilisation de l’hydrogène par l’industrie devrait provenir de combustibles renouvelables d’ici 2030 et 60 % d’ici 2035, avec des dérogations possibles prévues pour les États membres qui atteignent déjà leurs objectifs de décarbonation — une autre victoire pour la France et son bouquet électrique à faible teneur en carbone.