L’UE sanctionne l’Iran pour ses livraisons de missiles balistiques à la Russie
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont adopté lundi 14 octobre un ensemble de sanctions à l’encontre de sept hauts fonctionnaires iraniens et de sept entités en réponse à la livraison d’équipements militaires par Téhéran à Moscou.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont adopté lundi 14 octobre un ensemble de sanctions à l’encontre de sept hauts fonctionnaires iraniens et de sept entités en réponse à la livraison d’équipements militaires par Téhéran à Moscou.
Le nouveau paquet de sanctions adopté par les Vingt-Sept contre l’Iran vise 14 personnes et entités, dont trois compagnies aériennes — Iran Air, Saha Airlines et Mahan Air — ainsi que des entreprises impliquées dans le transfert d’armes à la Russie, que le pays utilise dans sa guerre contre l’Ukraine.
Selon un communiqué de l’UE, les Iraniens visés sont le vice-ministre de la Défense du pays, Seyed Hamzeh Ghalandari, de hauts responsables de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique et les directeurs généraux de deux entreprises d’armement, Iran Aircraft Manufacturing Industries (HESA) et Aerospace Industries Organization (AIO).
La décision de lundi, qui prévoit le gel des avoirs et l’interdiction de voyager, fait suite à l’engagement pris en mars par les dirigeants européens de « réagir rapidement et en coordination avec les partenaires internationaux, notamment en adoptant de nouvelles mesures restrictives importantes à l’encontre de l’Iran ».
Les nouvelles sanctions interviennent après que des responsables européens et américains ont déclaré le mois dernier que les services de renseignement occidentaux avaient découvert que l’Iran avait livré des missiles balistiques à la Russie en septembre.
Selon un haut fonctionnaire européen, une réunion entre des responsables européens et iraniens en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York le mois dernier n’a pas permis de rassurer la partie européenne.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, aurait alors reconnu que Téhéran avait envoyé à Moscou des missiles d’une portée inférieure à 250 kilomètres, qu’il a qualifiés de « roquettes à courte portée », mais pas de « missiles balistiques », selon le même fonctionnaire.
Si c’est la première fois que l’Iran est sanctionné par l’UE pour avoir fourni des missiles à la Russie, Téhéran avait déjà été visé pour avoir fourni des drones à Moscou.
Des diplomates de l’UE ont également déclaré qu’il était possible d’appliquer des sanctions sectorielles sur Téhéran, si les Iraniens continuaient à soutenir les efforts de guerre russes.
Par ailleurs, les États membres de l’UE envisagent de prendre des mesures contre le Corps des gardiens de la révolution islamique, une branche des forces armées iraniennes, qu’ils pourraient ajouter à la liste des organisations terroristes établie par l’UE.
Une décision juridique dans un État membre serait nécessaire pour fournir une base juridique suffisante à l’UE dans son ensemble pour aller de l’avant avec cette décision.
Selon de hauts fonctionnaires européens, Bruxelles a estimé qu’une décision de la justice allemande datant de 2023 constituait une base juridique suffisante pour la désignation du groupe comme terroriste, et la décision d’aller de l’avant relèverait de la volonté politique.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]