L'UE soutient l'Arménie face à la Russie

Les visites de dirigeants occidentaux en Arménie, autrefois rares, sont devenues monnaie courante ces derniers mois

EURACTIV.com
[Photo : Danil Shamkin/NurPhoto via Getty Images]

EREVAN – Jeudi dernier, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, est devenue la dernière personnalité de premier plan à se rendre à Erevan, la capitale de l’Arménie.

Accompagnée de Marta Kos, commissaire européenne chargée de l’élargissement, elle a rencontré le Premier ministre arménien Nikol Pachinian afin d’annoncer un nouveau soutien majeur en faveur de l’Arménie.

Le programme annoncé s’articulait autour de deux thèmes.

Le premier, et le plus urgent, concernait le secteur des exportations arméniennes, qui souffre actuellement d’un embargo généralisé sur les importations imposé par la Russie, principal partenaire commercial de l’Arménie.

Surnommées « mesures commerciales autonomes », celles-ci libéraliseront temporairement environ 80 % des exportations arméniennes vers l’UE, dont 99 % des fruits, légumes et plantes arméniens qui étaient auparavant destinés à la Russie, ainsi que 91 % des boissons alcoolisées.

Une aide financière supplémentaire de 80 millions d’euros a également été accordée pour aider à diversifier le commerce arménien. 

Le deuxième volet d’initiatives est axé sur le processus de paix en cours entre l’Arménie et son voisin et ennemi de longue date, l’Azerbaïdjan.

Von der Leyen a annoncé une aide supplémentaire de 20 millions d’euros pour soutenir des projets portant notamment sur le développement des compétences, les soins de santé et le déminage dans les zones de conflit, tout en promettant un soutien supplémentaire dans le cadre du « paquet Connectivité pour la paix » de l’UE. 

À Erevan, l’ambiance est marquée par un optimisme prudent.

De nombreux Arméniens sont favorables à un rapprochement accru avec l’Occident, mais la plupart préfèrent une politique étrangère équilibrée qui inclut le maintien de liens avec la Russie, qui reste le partenaire économique le plus important du pays.

Un récent sondage réalisé par l’Institut républicain international a montré qu’une majorité relative d’Arméniens considère que des liens étroits à la fois avec l’UE et avec la Russie constituent la politique étrangère idéale pour le pays. 

Le maintien de relations cordiales avec la Russie pourrait toutefois s’avérer de plus en plus difficile.

Moscou a commencé à faire preuve d’une hostilité ouverte envers Pachinian et son gouvernement au cours des semaines qui ont précédé les élections du 7 juin en Arménie, au terme desquelles le Premier ministre a été réélu avec près de 50 % des voix.

Ses deux principaux adversaires – l’ancien président Robert Kocharyan et l’oligarque arménien de souche russe Samvel Karapetyan – sont tous deux étroitement liés au Kremlin.

L’imposition par la Russie d’interdictions d’importation sur les produits arméniens, officiellement pour non-respect des contrôles sanitaires mais largement perçue comme une mesure politique, a commencé avant le scrutin et s’est étendue après celui-ci. 

Une autre piste porteuse d’espoir, activement soutenue par l’UE et les États-Unis, est le processus de paix en cours entre l’Arménie, d’une part, et la Turquie et l’Azerbaïdjan, d’autre part.

Les travaux se poursuivent en vue de l’ouverture de la frontière entre la Turquie et l’Arménie, fermée depuis 1993, tandis que le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, lors d’une rencontre avec von der Leyen à Bakou mercredi, a déclaré que l’Azerbaïdjan fournisse de plus en plus de gaz à l’Arménie.

(bw)