M. Barroso souhaite se battre pour la « méthode communautaire »
Un an après le début de son second mandat, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré sa volonté de lutter contre les tentatives des Etats membres de reléguer les affaires européennes à une échelle purement intergouvernementale.
Un an après le début de son second mandat, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré sa volonté de lutter contre les tentatives des Etats membres de reléguer les affaires européennes à une échelle purement intergouvernementale.
M. Barroso, qui s’est exprimé lors d’une conférence sur le Traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur le 1er décembre 2009, a déclaré que les Etats membres avaient opté pour des discussions intergouvernementales plutôt que d’utiliser la « méthode communautaire » plus lente, qui implique les institutions européennes.
En mai dernier, les pays de la zone euro ont agi seuls dans une tentative de sauver la monnaie européenne et ont rejeté les propositions de la Commission européenne. M. Barroso a affirmé que la France et l’Allemagne avaient dirigé la réponse à la crise de la dette souveraine grecque en rédigeant une lettre commune et en cherchant de l’aide pour leurs propositions.
Le second exemple, selon M. Barroso, concerne le dernier sommet européen du 4 février, quand la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont présenté leur pacte de compétitivité.
M. Barroso a soutenu le pacte franco-allemand, mais il ajouté que la meilleure garantie pour « préserver la cohérence » de l’initiative était la méthode communautaire, qui implique la Commission européenne comme gardienne des traités de l’UE. Il a déclaré en français qu’il s’agissait de la meilleure garantie contre les éventuelles divisions au sein de l’Union.
La « tentation » intergouvernementale n’est pas un phénomène récent, puisque les Etats membres se trouvent « sous différents types de pression » pour avancer sans consulter leurs partenaires européens, a déclaré M. Barroso. Mais en tant que président de la Commission, il a ajouté que son devoir était d’insister pour une méthode plus inclusive qui implique les institutions européennes. Il a ajouté que c'est ce qu'il avait fait au cours du sommet de vendredi.
Guy Verhofstadt, qui est le leader du groupe ALDE au Parlement européen et l’un des plus fervents partisans du fédéralisme, a encouragé le président de la Commission à résister à la dérive vers l’intergouvernementalisme.
Dans une lettre qui semble marquer un rapprochement entre les deux hommes, M. Verhofstadt a appelé M. Barroso à présenter un paquet audacieux et complet de propositions pour stimuler la compétitivité et la gouvernance en amont du Conseil européen de mars, plutôt que de laisser la voie libre à l’Allemagne et la France.
Dans un entretien avec le quotidien belge Le Soir, le commissaire chargé du commerce européen, Karel de Gucht, a déclaré que la nouvelle Commission européenne était devenue plus politique et beaucoup plus « puissante » que n’importe quel gouvernement. Dans un gouvernement national, il faut s’entendre entre membres de la coalition, alors que la Commission peut décider par vote à la majorité », a affirmé M. de Gucht.
« La Commission est un système qui ne se bloque pas », a-t-il déclaré.