Meurtre de Lola : gauche et majorité indignées de la « récupération politique » de droite et extrême droite
La droite et l’extrême droite se saisissent du meurtre de Lola par une femme étrangère irrégulière pour remettre en question la politique migratoire menée par le gouvernement, suscitant l’indignation de la gauche et de la majorité présidentielle.
La droite et l’extrême droite se saisissent du meurtre de Lola par une femme étrangère en situation irrégulière pour remettre en question la politique migratoire menée par le gouvernement, suscitant l’indignation de la gauche et de la majorité présidentielle.
Vendredi dernier (14 octobre), une jeune fille de 12 ans a été assassinée, en plein jour et en plein Paris, après avoir été torturée. Une jeune femme étrangère, présente irrégulièrement sur le sol français, a été mise en examen lundi (17 octobre) pour « meurtre sur mineur de 15 ans » et « viol avec torture et actes de barbarie », relate le journal Le Monde.
Ce mardi (18 octobre), le meurtre de la jeune Lola est devenu une affaire politique. Les députés de droite et d’extrême droite se sont en effet emparés du sujet pendant la traditionnelle séance de questions au gouvernement du mardi à l’Assemblée nationale.
La France responsable ?
Le premier est Éric Pauget, député Les Républicains, qui prévient, en s’adressant au garde des Sceaux, que « si la pudeur devrait m’empêcher de vous poser cette question, la colère ne peut m’en dissuader. »
Selon l’élu de droite, « par le laxisme de votre politique d’immigration, cette enfant a été martyrisée, violée, tuée par une clandestine qui faisait pourtant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français [OQTF] ».
Le ministère de la Justice est ainsi, poursuit-il, « responsable » en raison du « défaut d’exécution de ces décisions de justice ». M. Pauget insiste, la meurtrière présumée de Lola « n’avait rien à faire ici, voilà la lourde conséquence de votre inaction ».
Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, débute sa réponse en rappelant que la « principale suspecte […] est inconnue des services de police » et qu’une « OQTF a été délivrée, mais sans obligation de quitter le territoire immédiatement […] il n’y avait aucune raison qu’il en fut autrement, c’est nos règles ».
Visiblement très irrité, il a ensuite reproché à l’élu de droite qui l’interrogeait de « faire de la petite politique [et] de se servir du cercueil d’une gamine de 12 ans comme on se sert d’un marchepied. C’est une honte ».
En s’adressant également aux députés d’extrême droite du Rassemblement national, il les a accusés « d’être au rendez-vous du malheur, dont vous faites depuis des années votre miel », sous les applaudissements de la majorité et des groupes de gauche.
Peu après, au tour de la présidente du groupe Rassemblement national Marine Le Pen d’interpeller le gouvernement. Selon elle, « trop de crimes et de délits sont commis par des clandestins que l’on n’a pas voulu ou pas su renvoyer chez eux ».
La Première ministre a ensuite appelé Mme Le Pen à faire preuve d’ « un peu de décence » et à « respecter la douleur de la famille et la mémoire de Lola ». « Laissons la police et la justice faire [leur] travail », a-t-elle lancé.
La gauche et la majorité unies
Chose rare en hémicycle, les députés de gauche se sont levés et ont applaudi les réponses du garde des Sceaux d’abord et de la Première ministre ensuite, partageant l’indignation du camp présidentiel face aux propos de la droite et l’extrême droite.
Les cadres de la coalition de gauche (NUPES) l’ont tous exprimé : la présidente du groupe La France insoumise Mathilde Panot a dit, mercredi matin sur France 2, trouver « assez honteux que certains essaient de faire une politique xénophobe », en instrumentalisant le meurtre de la jeune fille.
Selon le patron des socialistes Olivier Faure, « quand on voit le sourire carnassier de Marine Le Pen pendant la réponse de la Première ministre, on se dit qu’il y a toujours une volonté de la part du RN de surfer sur les drames qui émaillent l’actualité ».
« La seule attitude qui vaille, c’est celle du recueillement et de la compassion avec [la] famille », a-t-il conclu sur LCP mardi soir.
Éric Zemmour fait aussi son beurre
Le parti d’extrême droite d’Éric Zemmour, Reconquête !, tente aussi – à l’extérieur de l’hémicycle, n’ayant aucun député -, de tirer profit de la vague d’indignation qui frappe le pays depuis la découverte du meurtre de Lola.
Sans besoin de faire état des déclarations de ses dirigeants, le comble de l’instrumentalisation est atteint lorsque des entités proches du parti ont acheté les noms de domaine internet pouvant être reliées à Lola – et qui l’ont été.
Ainsi, l’association Damoclès de Samuel Lafont, chargé de la communication numérique pour Reconquête ! a fait l’acquisition de domaines tels que « justicepourlola » et « manifpourlola ». Une manière, entre autres, explique un spécialiste des questions numériques sur Twitter, de récolter des données d’utilisateurs pour un parti politique de manière illégale.
Les cadres du parti d’extrême droite ont d’ailleurs annoncé se rendre à la marche en hommage à la mémoire de Lola prévue jeudi (20 octobre), alors que la famille de la jeune fille a indiqué ne pas accepter une quelconque récupération politique du drame qu’elle vit.