Mieux écouter les électeurs, la clé pour contrer l’extrême droite selon Roberta Metsola
Le prochain Parlement européen doit répondre aux doléances des électeurs sur le plan économique afin d’empêcher la montée de l’extrême droite lors des futures élections européennes, a affirmé la présidente sortante de l’hémicycle, Roberta Metsola, jeudi (27 juin).
Le prochain Parlement européen doit répondre aux doléances des électeurs sur le plan économique afin d’empêcher la montée de l’extrême droite lors des futures élections européennes, a affirmé la présidente sortante de l’hémicycle, Roberta Metsola, jeudi (27 juin) après des discussions avec les dirigeants de l’UE à Bruxelles.
« Le message que nous avons reçu lors de ces élections est que les gens s’inquiètent de savoir s’ils pourront payer leurs factures, s’ils pourront garder leur emploi ou s’ils pourront un jour acheter leur propre maison », a expliqué Roberta Metsola, pressentie pour un nouveau mandat à la tête du Parlement, à la presse.
« Ces messages devraient servir, avant tout, à nourrir la réflexion », a souligné la Maltaise, membre du Parti populaire européen (PPE) de centre droit. « Si nous ne tenons pas nos promesses, ceux qui voudraient détruire l’Europe ne feront que se renforcer. »
Roberta Metsola devrait être reconduite à la tête du Parlement européen lors de la prochaine législature (2024-2029), puisqu’elle a été désignée par le PPE le 19 juin et qu’elle largement respectée au sein des différentes familles politiques de l’UE.
Montée de l’extrême droite dans l’UE
Les élections européennes de juin ont vu une montée en puissance des partis d’extrême droite, en particulier en Allemagne et en France, les deux plus grandes économies du bloc.
En France, la déroute de l’alliance centriste du président français Emmanuel Macron l’a poussé à convoquer des élections anticipées, dont le premier tour est prévu dimanche (30 juin).
Le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite et membre du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen, est actuellement en tête des sondages pour ces élections, tandis que l’alliance centriste d’Emmanuel Macron est en troisième position, derrière le Nouveau Front Populaire, l’union des partis de gauche qui s’est formée juste après l’annonce des élections anticipées.
Interrogée sur ce qu’elle attend des élections françaises, Roberta Metsola a déclaré : « Il faudra voir ce qu’il adviendra de la décision que prendra le peuple français « . Le second tour des législatives aura lieu le 7 juillet.
Les commentaires de Mme Metsola s’inscrivent dans un contexte d’inquiétude économique croissante qui règne dans une grande partie de l’Europe.
Une récente étude de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui représente 45 millions de travailleurs européens, a révélé que les salaires réels — qui tiennent compte de l’inflation — diminueront de 0,7 % en 2023, après avoir chuté de 4,3 % en 2022.
En plus de répondre aux doléances économiques des citoyens, Roberta Metsola a souligné que l’UE devait, durant les cinq prochaines années, se concentrer sur la poursuite du soutien à l’Ukraine, l’approfondissement du marché unique, le « libre-échange et le commerce fondé sur des règles », la réduction des règlementations et la diminution de la fragmentation et de la duplication au niveau de l’industrie de défense européenne.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]