Mikhail Kasyanov, leader de l'opposition : dernière chance d'évolution pacifique en Russie
Les élections législatives de décembre constituent la dernière chance de faire évoluer la situation de manière pacifique en Russie. C'est ce qu'a déclaré le leader de l'opposition, Mikhail Kasyanov, au Parlement européen hier (9 février) à Bruxelles. Il a affirmé que l'alternative serait une révolution, non pas avec des chameaux comme en Egypte mais avec des pistolets et des bâtons.
Les élections législatives de décembre constituent la dernière chance de faire évoluer la situation de manière pacifique en Russie. C'est ce qu'a déclaré le leader de l'opposition, Mikhail Kasyanov, au Parlement européen hier (9 février) à Bruxelles. Il a affirmé que l'alternative serait une révolution, non pas avec des chameaux comme en Egypte mais avec des pistolets et des bâtons.
Mikhail Kasyanov, dirigeant du parti récemment créé sous le nom de « RNDS » (Union démocratique du peuple russe) et ancien premier ministre de la Fédération de Russie (2000-2004) s'est exprimé dans un anglais courant lors d'une conférence organisée par le groupe libéral ALDE intitulée « Prospects and Challenges for the Modernisation of Russia ».
Il a déclaré que tous les espoirs qui avaient pu découler de l'élection à la présidence de Dmitri Medvedev en 2008 s'étaient évanouis dans la mesure où l'actuel chef d'Etat n'avait respecté aucune de ses promesses en matière de modernisation, d'indépendance de la justice, de lutte contre la corruption ou de défense des libertés individuelles.
En fait, la corruption en Russie est aujourd'hui plus présente que jamais, a ajouté M. Kasyanov. Il a accusé la corruption d'avoir facilité l'infiltration d'étrangers en Russie, dont certains sont responsables d'attaques terroristes perpétrées sur le territoire.
Acheter un passeport est chose aisée, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il s'agissait également d'une menace pour l'UE qui s'est engagée sur une voie qui mènerait au renforcement du régime des visas actuel entre la Russie et les 27 Etats membres de l'UE.
M. Kasyanov a déclaré que son pays était encore loin de pouvoir organiser des élections aux normes européennes, ajoutant que la population riait à l'évocation de la manière dont avaient été menées les élections régionales en 2010 qu'avait largement remportées le parti Russie unie de Vladimir Poutine.
Il a également fait référence à une déclaration de M. Medvedev qui affirmait que tous les partis politiques étaient représentés aux élections et qu'il n'y avait pas besoin que d'autres partis soient constitués.
M. Kasyanov a vivement critiqué la mauvaise situation économique du pays, les politiques chaotiques du gouvernement et l'insécurité pour les investisseurs étrangers. Il a aussi déploré que les classes moyennes quittent la Russie, à raison de 70 000 personnes par an, depuis cinq ans.
Le leader de l'opposition a également fustigé le système judiciaire de son pays et a expliqué que le récent verdict prononcé contre l’ancien magnat du pétrole, Mikhail Khodorkovsky, condamné à rester en prison jusqu'en 2017, n'avait rien à voir avec la jurisprudence.
Toutefois, les démocrates russes pensent qu'il est encore possible de changer la société, a-t-il affirmé, appelant l'UE à rester vigilante, non seulement le jour des élections, mais aussi au cours des développements politiques qui mèneront aux élections.
Le Parlement votera sur une résolution pour la Russie
EURACTIV a demandé à Guy Verhofstadt, leader du groupe des libéraux au Parlement européen, l'ALDE, et ancien premier ministre belge, s'il aurait tout de même présidé une telle réunion, mettant sous les feux de la rampe les leaders de l'opposition russe, s'il était encore à la tête de son pays.
M. Verhofstadt a reconnu que les dirigeants de l'UE n'avaient pas eu l'honnêteté ou le courage de prendre cette initiative jusqu'à présent, mais il a ajouté que le moment était venu de changer les choses. Si nous nous taisons tous, nous ne remplirons pas nos obligations démocratiques, a déclaré M. Verhofstadt.
Il a ajouté que c'était la raison pour laquelle il avait insisté lors de la Conférence des présidents du Parlement européen pour que l'assemblée organise un débat sur la Russie au cours de sa prochaine session (14-17 février). A cette occasion, une résolution du Parlement européen sur l'état de droit en Russie devrait être adoptée.
M. Verhofstadt a ajouté que la première réaction des groupes politiques à l'idée de tenir un tel vote avait été « nous n'avons pas besoin de ça ». Mais il a dit que cette attitude avait rapidement changé au Parlement et a affirmé qu'il était possible qu'il se passe la même chose dans les autres institutions de l'UE.