Monténégro : le Parlement charge un ancien diplomate de former un gouvernement
Le Parlement du Monténégro a chargé jeudi l'ancien diplomate Miodrag Lekic de former un nouveau gouvernement malgré le refus en septembre du président Milo Djukanovic d'entériner sa nomination dans ce pays des Balkans en proie à une crise politique.
Le Parlement du Monténégro a chargé jeudi l’ancien diplomate Miodrag Lekic de former un nouveau gouvernement malgré le refus en septembre du président Milo Djukanovic d’entériner sa nomination dans ce pays des Balkans en proie à une crise politique.
Le précédent gouvernement, pro-occidental, a été victime en août d’une motion de censure.
M. Lekic, 75 ans, un ancien diplomate et député de centre droit qui a été ministre des Affaires étrangères au début des années 1990, est soutenu par un groupe de partis menés par le Front démocratique, une formation pro-russe.
Le président Milo Djukanovic, dont le Parti démocratique des socialistes (DPS) et ses alliés ont perdu leur majorité en 2020 après trois décennies de pouvoir, a refusé sa candidature en septembre et demandé des législatives anticipées.
Mais la présidente du Parlement Danijela Djurovic a affirmé jeudi (29 décembre) qu’une nouvelle loi réduisant les pouvoirs du président permettait désormais au Parlement de le charger de former le gouvernement.
Sa désignation a été approuvée par 41 députés sur un total de 81 sièges, la séance ayant été boycottée par l’opposition.
La crise politique s’est accentuée en novembre quand le Parlement a adopté la loi réduisant les pouvoirs présidentiels, dans l’intention de forcer M. Djukanovic à accepter la candidature de M. Lekic.
Le président a jugé cette loi non constitutionnelle. Or la Cour constitutionnelle n’est pas opérationnelle, les députés ne réussissant pas à s’entendre sur sa composition.
Plusieurs manifestations rassemblant des milliers de partisans de Milo Djukanovic ont eu lieu dans la capitale Podgorica le mois dernier, réclamant le retrait de cette loi et l’organisation de législatives anticipées.
Bruxelles et Washington ont émis des réserves sur la nomination d’un Premier ministre à la faveur de la loi controversée.
Le petit pays de 620 000 habitants, largement dépendant du tourisme, est miné par les tensions politiques et religieuses alors que son économie subit, à l’instar de nombreux pays, une forte inflation depuis la fin des confinements et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le Monténégro a déjoué en 2016 un coup d’Etat pro-russe avant son entrée dans l’Otan. Moscou a nié toute implication, mais le petit pays des Balkans a depuis expulsé des diplomates russes, accusés selon la presse locale d’avoir mené des « activités subversives ».