Nations unies : l’UE lance des négociations pour ramener la paix au Moyen-Orient

Face aux affrontements qui embrasent le Moyen-Orient, l'Union européenne (UE) organise jeudi 26 septembre une réunion internationale pour relancer les efforts de paix et demander la mise en place d'une solution à deux États pour Israël et la Palestine.

Euractiv.com
Palestinians inspect their destroyed homes after the Israeli
Les discussions de jeudi ont lieu alors que l’armée israélienne se prépare à une éventuelle opération terrestre au Liban, ce qui a incité les gouvernements européens à conseiller à leurs citoyens de quitter le pays en raison de l’escalade des hostilités entre le Hezbollah et Israël. [ Mahmoud Issa/SOPA Images/LightRocket via Getty Images]

Face aux affrontements qui embrasent le Moyen-Orient, l’Union européenne (UE) organise jeudi 26 septembre une réunion internationale pour relancer les efforts de paix et demander la mise en place d’une solution à deux États pour Israël et la Palestine.

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, des ministres des Affaires étrangères et des représentants de pays du monde entier devraient ce jeudi participer à des discussions « sur la situation à Gaza et la mise en œuvre d’une solution à deux États comme une voie vers une paix juste et globale »,

L’événement sera organisé conjointement par l’UE, le Bahreïn, l’Égypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Nigéria, la Norvège, la Palestine, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, la Ligue des États arabes et l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ainsi que par la Norvège.

« L’objectif de cet événement est double : discuter de la situation, de ce que nous pouvons faire, et travailler sur un programme d’action pour mettre en place une solution à deux États », a expliqué avant les discussions à Euractiv le représentant spécial de l’UE pour le processus de paix au Moyen-Orient, Sven Koopmans.

Les diplomates européens espéraient la présence d’un plus grand nombre de pays — tous les membres de l’ONU étaient conviés — et les représentants israéliens et palestiniens, également invités, n’avaient ce matin pas encore confirmé leur présence.

On ne sait pas non plus à quel niveau de représentation les États-Unis participeront.

Tentative de rééquilibrage

« Le succès de la réunion sera mesuré en fonction de l’importance de la participation, mais surtout en fonction des résultats concrets qui en découleront  », a indiqué le représentant spécial de l’UE, Sven Koopmans.

« Nos partenaires sont d’accord pour dire qu’il ne s’agira pas d’un événement isolé, mais d’une série de réunions qui permettront de mettre au point des actions concrètes », a-t-il ajouté.

Fin septembre 2023, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, 50 ministres des Affaires étrangères d’Europe et du Moyen-Orient s’étaient déjà réunis pour lancer une initiative intitulée « Effort pour la Journée de la paix » (Peace Day Effort).

Cette dernière avait été abandonnée après les attaques du 7 octobre et le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

« La volonté des parties n’a pas changé depuis, mais la réalité politique qui l’entoure oui […], et cette réunion est donc une tentative de rééquilibrage », a déclaré Sven Koopmans.

Des efforts de médiation mitigés

Les discussions de jeudi 26 septembre ont lieu alors que l’armée israélienne semble se préparer à une opération terrestre au Liban. Les gouvernements européens ont ainsi conseillé à leurs ressortissants de quitter le pays.

« Cette situation est extrêmement dangereuse et préoccupante. Nous sommes au bord d’une véritable guerre », a déclaré Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE, à la presse lundi 23 septembre.

« Ici, à New York, c’est le moment de [poursuivre nos efforts pour réduire les tensions] — tout le monde doit se mobiliser pour arrêter ce chemin vers la guerre », a-t-il affirmé.

Les commentaires de Josep Borrell interviennent alors que des dirigeants du monde entier sont montés à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies mardi 24 septembre, afin de demander à Israël de s’abstenir de mener une guerre totale au Liban.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a aussi souligné que la région était « au bord du gouffre ».

« Le peuple libanais, le peuple israélien et les peuples du monde ne peuvent se permettre que le Liban devienne un autre Gaza », a-t-il expliqué.

Des pression diplomatiques

Ces derniers jours, les États-Unis ont pris la tête d’un nouvelle initiative diplomatique visant à mettre fin aux hostilités, à la fois à Gaza et au Liban, en cherchant à lier les deux conflits, selon plusieurs personnes au fait des détails des pourparlers.

« Une guerre totale n’est dans l’intérêt de personne. Même si la situation s’est aggravée, une solution diplomatique est toujours possible », a déclaré le président américain Joe Biden, lors de son discours d’adieu du 24 septembre.

L’intervention de Joe Biden a cependant été critiquée par le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, qui a estimé qu’elle n’était ni « forte» ni « prometteuse ». Pourtant, seuls les États-Unis « peuvent vraiment faire la différence au Moyen-Orient », a-t-il affirmé, ajoutant que Washington était « la clé […] du salut [du Liban] ».

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le Qatar a accusé Israël d’entraver les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza. L’émir Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani a expliqué qu’ il n’y aurait pas « de partenaire israélien pour la paix », tant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu serait en poste.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël d’entraîner toute la région « dans la guerre ». Le roi Abdallah II de Jordanie a quant à lui exclu mardi d’accueillir des Palestiniens déplacés par la guerre, cet exil constituant en soit un « crime de guerre ».

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est censé s’exprimer jeudi.

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]