Négligée et reléguée au rang de symbole : l’Année européenne de la jeunesse n’est pas à la hauteur
Dans le cadre de l’une de ses promesses à la jeunesse européenne, la Commission a déclaré qu’elle donnerait suite aux demandes formulées lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe concernant la participation des jeunes à l’élaboration de l’avenir de l’Union.
Dans le cadre de l’une de ses promesses à la jeunesse européenne, la Commission européenne a déclaré qu’elle donnerait suite aux demandes formulées lors de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) concernant la participation des jeunes à l’élaboration de l’avenir de l’Union.
Pourtant, la décision de l’exécutif européen d’atténuer les demandes de mesures de l’impact des propositions du bloc sur les jeunes, et ce en dépit du fait que 2022 ait été désignée comme « l’Année européenne de la jeunesse » (AEJ), en a déçu plus d’un.
Lors de l’annonce de l’Année européenne de la jeunesse en 2021, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’exécutif serait prêt « à assurer le suivi de ce qui aura été convenu lors de la Conférence ».
Pour toucher les plus jeunes, la Commission a mis en place une plateforme en ligne permettant aux jeunes européens d’exprimer leurs opinions sur les politiques européennes et l’avenir.
L’une des propositions découlant de la CoFoE vise à garantir « que toutes les décisions politiques de l’UE soient analysées par le prisme des jeunes ».
La mise en place d’un test jeunesse a également été proposée afin d’assurer que toutes les nouvelles législations et politiques feront l’objet d’une évaluation d’impact axée sur les jeunes, et des consultations complètes avec ces derniers ont également été évoquées.
Cependant, dans son plan de suivi de la CoFoE, la Commission n’a mentionné la proposition qu’une seule fois et a déclaré que les jeunes ne devraient former qu’un tiers de ces panels consultatifs, et non la totalité ou même la moitié. Par ailleurs, le test ne sera pas obligatoire mais plutôt consultatif, ce qui fait craindre que les avis des participants ne soient pas correctement pris en compte.
Frédéric Piccavet, le vice-président du Forum européen de la jeunesse, qui représente plus de 100 organisations de jeunesse, a confié à EURACTIV que « la proposition actuelle de la Commission pour un panel non contraignant atténue les conclusions de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, et c’est une trahison par rapport aux promesses faites par la présidente [Ursula] von der Leyen lors de son discours de l’année dernière sur l’état de l’Union ».
« Nous sommes fatigués d’être négligés ou relégués au rang de symbole », a-t-il ajouté.
Selon M. Piccavet, le test jeunesse doit comporter trois éléments pour être efficace : « une participation cohérente des jeunes et des organisations de jeunesse, des évaluations systématiques de l’impact que la législation européenne peut avoir sur les jeunes, et des mesures d’atténuation si l’évaluation met en lumière un impact potentiellement négatif ».
Un véritable test doit donner des résultats et non pas seulement être « une occasion supplémentaire de communiquer », estime l’eurodéputée S&D Petra Kammerevert, qui a répondu à la demande de commentaires d’EURACTIV. « La participation des jeunes ne doit pas se limiter à des discussions, elle n’est efficace que si les jeunes voient réellement que les demandes qu’ils formulent sont satisfaites », a-t-elle expliqué.
« J’aimerais que, au lieu de simplement parler des jeunes, la Commission passe également à l’action », a expliqué Victor Negrescu, lui aussi eurodéputé S&D, à EURACTIV.
« J’exhorte la Commission et surtout la présidente [Ursula] von der Leyen à respecter ses engagements et ses promesses faites devant le Parlement européen et devant la Conférence sur l’avenir de l’Europe », a-t-il poursuivi.
Mme Von der Leyen prononcera son discours annuel sur l’état de l’Union le 14 septembre prochain.
« Lors du prochain discours sur l’état de l’Union qui aura lieu en septembre 2022, la présidente de la Commission annoncera les premières nouvelles initiatives de l’exécutif en réponse aux conclusions de la Conférence, y compris sur les questions concernant les jeunes. À ce stade, nous ne pouvons pas partager d’autres informations », a indiqué une source au sein de la Commission à EURACTIV.