Les hommes politiques n’ont plus le courage de soutenir une sortie de l’UE, selon l'eurodéputé belge Guy Verhofstadt
Après le désastre du Brexit et l’invasion russe en Ukraine, plus aucun homme politique de droite ne soutient une sortie de l’UE, a confié l’eurodéputé Guy Verhofstadt à EURACTIV Italie lors d’un entretien au sujet de l'avenir de l'UE.
Après le désastre du Brexit et l’invasion russe en Ukraine, plus aucun homme politique de droite ne soutient une sortie de l’Union européenne. C’est ce qu’a confié l’eurodéputé Guy Verhofstadt à EURACTIV Italie lors d’un entretien au sujet de l’avenir de l’UE.
L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt est un eurodéputé membre du groupe Renew Europe au Parlement européen. Il est également rapporteur sur la réforme des traités européens et cofondateur du Groupe Spinelli, un groupe pro-européen destiné à relancer la recherche d’un fédéralisme au sein de l’Union européenne.
« Ce que je constate, c’est que les hommes politiques de droite qui, il y a dix ans ou même cinq ans, prônaient ouvertement une sortie de leur pays de l’Union européenne, n’ont plus le courage de le dire [à présent] », a expliqué l’ancien Premier ministre belge.
« Depuis le désastre du Brexit, depuis la guerre en Ukraine, il n’y a personne qui a encore le courage de dire à l’opinion publique dans son pays, “regardez, nous sommes mieux, plus en sécurité en dehors de l’Union” », a poursuivi M. Verhofstadt.
M. Verhofstadt a déclaré que c’est précisément parce que les hommes politiques d’extrême droite ont changé de discours qu’il ne s’inquiète pas de la collaboration dans plusieurs États membres de l’UE — notamment en Italie — entre le Parti populaire européen (PPE), un parti de centre-droit, et les partis d’extrême droite.
« Je ne suis pas inquiet. Je suis plus inquiet à propos d’autres choses, comme, par exemple, un pays comme la Hongrie qui sape de l’intérieur les valeurs de l’Union européenne. Cela me semble être une tendance plus dangereuse », a-t-il déclaré.
Décision sur la réforme des traités avant la fin de l’année
Interrogé sur la résolution du Parlement européen demandant des amendements aux traités de l’UE, M. Verhofstadt a déclaré qu’il s’attendait à une décision du Conseil européen à ce sujet avant la fin de l’année.
« C’est la demande du Parlement, et c’est, à mon avis, l’obligation du Conseil européen de le faire avant la fin de l’année », a-t-il noté.
EURACTIV Italie a rapporté, ce lundi (3 octobre), que malgré la demande du Parlement européen en juin dernier, le Conseil n’a pas encore soumis la proposition au Conseil européen, ni notifié les parlements nationaux.
« Nous faisons pression pour cela et selon les informations que nous avons reçues du Conseil, la question sera mise à l’ordre du jour en décembre pour une décision formelle », a noté l’homme politique belge.
Interrogé pour savoir si une réforme des traités pourrait avoir lieu avant les prochaines élections européennes, M. Verhofstadt a répondu que l’idéal serait que cela soit prêt en 2024 et que le prochain scrutin européen ira au-delà de la simple élection des eurodéputés.
« L’idéal serait […] que ces élections européennes puissent être considérées comme un consentement des citoyens européens à [poursuivre] cette nouvelle direction dans l’Union. »
« Je n’irai pas jusqu’à qualifier les élections de 2024 de premier référendum européen. Mais […] c’est ce que les citoyens ont demandé : un référendum européen. Donc d’une certaine manière, en 2024, on pourrait avoir des élections qui vont au-delà de la simple élection des eurodéputés, nationaux et transnationaux, espérons-le », a-t-il déclaré, évoquant l’un des autres dossiers qui devraient également être abordés : celui des listes transnationales.
« Cela pourrait aussi être le cas si nous sommes courageux et si les États membres ont eux aussi le courage de mettre sur papier une nouvelle direction pour l’Union. Les élections de 2024 pourraient être une bonne idée pour demander à tous les citoyens européens ce qu’ils en pensent », a-t-il conclu.