Négociations commerciales : des propositions pour préserver le revenu des agriculteurs
Les agriculteurs ne seront bientôt plus qu’1 % de la population active. Et la guerre des prix tire leurs revenus vers le bas. Un rapport, commandé par le gouvernement, invite à ne plus en faire le maillon faible de la chaîne alimentaire. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Les agriculteurs ne seront bientôt plus qu’1 % de la population active. Et la guerre des prix tire leurs revenus vers le bas. Un rapport, commandé par le gouvernement, invite à ne plus en faire le maillon faible de la chaîne alimentaire. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Comment sortir du piège de la guerre des prix qui lamine les marges des agriculteurs ? En dépit des États généraux de l’alimentation et d’une loi encadrant les promotions et le seuil de revente à terme, rien n’a vraiment changé. Certes, il y a eu des progrès dans la filière laitière. Une partie de la collecte, le lait en bouteille, est mieux rémunérée et tient compte des coûts de production. Mais 50 % de la production continue à être sous tension. Dans les autres filières, les agriculteurs sont souvent la variable d’ajustement.
Dans un rapport demandé par les ministères de l’Économie et de l’Agriculture, auquel Ouest-France a eu accès, l’ancien président de Système U Serge Papin formule neuf propositions. La plus importante consisterait « à rendre obligatoire le contrat entre le producteur et l’industriel de première transformation ou à forte composante de matière première agricole, tels que la charcuterie et la boulangerie. » Par exemple, entre un producteur laitier et un industriel du beurre.
Coopération plutôt qu’opposition
Ce contrat pourrait s’appuyer sur des indicateurs de coûts interprofessionnels, ou sur l’indicateur de marché France Agrimer, afin d’en « valider le caractère universel, objectif et indiscutable ». Le prix devrait également prévoir des mécaniques d’indexation basées sur la hausse ou la baisse du cours des matières premières. Dans le contrat commercial passé ensuite, la quote-part du prix de la matière première agricole figurerait comme un élément non négociable. « Ce prix pourrait même figurer à part sur les factures », insiste le rapport.
Serge Papin recommande la mise en place de contrats pluriannuels de trois ans renouvelables. L’objectif étant « de faire naître des stratégies de coopération et non plus d’opposition », ajoute-t-il. Une stratégie qui implique le renforcement des pouvoirs du médiateur pour autoriser des arbitrages permettant de trancher.
Favoriser l’origine France
Pour « favoriser le patriotisme économique », Serge Papin plaide pour « identifier systématiquement l’origine France des ingrédients et des produits, y compris en restauration collective. C’est une cause importante à défendre au niveau européen. »
Mais rien ne sera possible sans une « accélération de la transformation des coopératives et un encouragement des agriculteurs à se regrouper », précise le rapport. Le monde agricole ne pourra pas s’adapter aux nouvelles demandes de la société « tout en étant sans cesse menacé par la baisse de ses revenus ».
Reste à savoir ce que le gouvernement retiendra de ces propositions. C’est un enjeu de souveraineté alimentaire. Et la seule façon de conserver des agriculteurs, qui ne seront plus qu’1 % de la population active en 2030.