Négociations commerciales : des propositions pour préserver le revenu des agriculteurs

Les agriculteurs ne seront bientôt plus qu’1 % de la population active. Et la guerre des prix tire leurs revenus vers le bas. Un rapport, commandé par le gouvernement, invite à ne plus en faire le maillon faible de la chaîne alimentaire. Un article de notre partenaire Ouest-France.

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En dépit des États généraux de l’alimentation et d’une loi encadrant les promotions et le seuil de revente à terme, 50 % de la production continue à être sous tension. [Andrii Yalanskyi/Shutterstock]

Les agriculteurs ne seront bientôt plus qu’1 % de la population active. Et la guerre des prix tire leurs revenus vers le bas. Un rapport, commandé par le gouvernement, invite à ne plus en faire le maillon faible de la chaîne alimentaire. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Comment sortir du piège de la guerre des prix qui lamine les marges des agriculteurs ? En dépit des États généraux de l’alimentation et d’une loi encadrant les promotions et le seuil de revente à terme, rien n’a vraiment changé. Certes, il y a eu des progrès dans la filière laitière. Une partie de la collecte, le lait en bouteille, est mieux rémunérée et tient compte des coûts de production. Mais 50 % de la production continue à être sous tension. Dans les autres filières, les agriculteurs sont souvent la variable d’ajustement.

Dans un rapport demandé par les ministères de l’Économie et de l’Agriculture, auquel Ouest-France a eu accès, l’ancien président de Système U Serge Papin formule neuf propositions. La plus importante consisterait « à rendre obligatoire le contrat entre le producteur et l’industriel de première transformation ou à forte composante de matière première agricole, tels que la charcuterie et la boulangerie. » Par exemple, entre un producteur laitier et un industriel du beurre.

Coopération plutôt qu’opposition

​Ce contrat pourrait s’appuyer sur des indicateurs de coûts interprofessionnels, ou sur l’indicateur de marché France Agrimer, afin d’en « valider le caractère universel, objectif et indiscutable​ ». Le prix devrait également prévoir des mécaniques d’indexation basées sur la hausse ou la baisse du cours des matières premières. Dans le contrat commercial passé ensuite, la quote-part du prix de la matière première agricole figurerait comme un élément non négociable. « Ce prix pourrait même figurer à part sur les factures », insiste le rapport.

Serge Papin recommande la mise en place de contrats pluriannuels de trois ans renouvelables. L’objectif étant « de faire naître des stratégies de coopération et non plus d’opposition »​, ajoute-t-il. Une stratégie qui implique le renforcement des pouvoirs du médiateur pour autoriser des arbitrages permettant de trancher.

Favoriser l’origine France

Pour « favoriser le patriotisme économique »​, Serge Papin plaide pour « identifier systématiquement l’origine France des ingrédients et des produits, y compris en restauration collective. C’est une cause importante à défendre au niveau européen. »

Mais rien ne sera possible sans une « accélération de la transformation des coopératives et un encouragement des agriculteurs à se regrouper »​, précise le rapport. Le monde agricole ne pourra pas s’adapter aux nouvelles demandes de la société « tout en étant sans cesse menacé par la baisse de ses revenus ».

Reste à savoir ce que le gouvernement retiendra de ces propositions. C’est un enjeu de souveraineté alimentaire. Et la seule façon de conserver des agriculteurs, qui ne seront plus qu’1 % de la population active en 2030.