De nouveaux objectifs 5G devraient figurer dans la prochaine "Décennie numérique" de l'UE
La Commission européenne va définir une série de nouveaux objectifs 5G dans le cadre de ses plans pour la « décennie numérique », et ce à la suite d’une série de retards dans le déploiement des télécommunications de prochaine génération de l’UE.
La Commission européenne va définir une série de nouveaux objectifs 5G dans le cadre de ses plans pour la « décennie numérique », et ce à la suite d’une série de retards dans le déploiement des télécommunications de prochaine génération de l’UE.
Les objectifs de la Décennie numérique pour 2030 doivent être dévoilés par la Commission le 9 mars, dans le but de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des pays étrangers dans l’approvisionnement de technologies clés.
Au vu des retards pris par l’UE dans le déploiement des réseaux 5G, les télécommunications de la prochaine génération devraient figurer en bonne place dans les plans.
« La 5G sera certainement inscrite », a déclaré Peter Stuckmann, chef d’unité à la Commission européenne chargé des « systèmes futurs de connectivité ». Cette boussole numérique pourrait s’appeler le « mini plan d’action 5G », a-t-il poursuivi lors d’un événement en ligne organisé par Forum Europe mardi (23 février).
Selon M. Stuckmann, seule la moitié des pays de l’UE a atteint les objectifs fixés pour le déploiement des ondes basses fréquences 5G, tandis que le bloc est « très en retard » dans celui des ondes millimétriques.
Bruxelles est également à la traîne en ce qui concerne la construction de stations de base sans fil à courte portée, nécessaires pour les technologies 5G cellulaires, a fait savoir M. Stuckmann, en comparant la situation de l’UE avec celle de la Corée du Sud, où des centaines de milliers de stations de ce type ont été construites.
Décennie numérique : Investissement dans la 5G et harmonisation de la sécurité
Dans le cadre de ses objectifs pour la décennie numérique, M. Stuckmann a dévoilé que la Commission définirait de nouveaux objectifs d’investissement pour la 5G, en mettant l’accent sur les initiatives public-privé.
Une nouvelle qui vient s’ajouter à l’étude de la Banque européenne d’investissement (BEI) publiée cette semaine qui plaide pour des investissements rapides dans le renforcement des capacités de la 5G en Europe.
Aux yeux de M. Stuckmann, l’exécutif européen chercherait également à s’appuyer sur les mesures visant à renforcer la sécurité des réseaux de l’Union, comme le prévoit la boîte à outils 5G de l’année dernière, dans laquelle les nations européennes ont été chargées d’évaluer le profil de risque des fournisseurs de télécommunications, en vue d’appliquer des restrictions aux fournisseurs considérés comme étant à haut risque.
Les objectifs 5G définis dans les plans de la Décennie numérique seront détaillés dans la révision du plan d’action 5G de l’exécutif européen, qui doit également être présentée plus tard dans l’année.
Dans le plan d’action 5G de l’UE pour 2016, les nations s’étaient engagées à atteindre un certain nombre d’objectifs, dont le lancement de services 5G dans tous les États membres, dans au moins une grande ville, d’ici à la fin de 2020.
En outre, les délais fixés dans le code des communications électroniques de 2018 contraignaient les États membres à garantir la disponibilité du spectre radioélectrique 5G avant la fin de 2020.
Toutefois, force est de constater que ces deux objectifs n’ont pas été atteints, en raison de la pandémie de Covid-19, des inquiétudes quant à la sécurité des réseaux de télécommunications de prochaine génération et d’une campagne très animée sur les risques sanitaires de la 5G.
L’audit de l’UE en cours
Ces retards avaient donc poussé les auditeurs de l’UE à annoncer qu’ils allaient se lancer dans une enquête sur la stratégie 5G de la Commission, à partir de janvier de cette année.
Selon ceux-ci, leurs recherches ont déjà mis en évidence une approche divergente de la sécurité 5G dans les États membres, ainsi que des différences dans les calendriers de déploiement de la technologie sur le continent.
S’exprimant début janvier, Paolo Pesce, auditeur à la Cour des comptes européenne, a d’ailleurs déclaré que l’harmonisation de ces normes de sécurité dans l’ensemble de l’Union n’avait pas encore eu lieu.