Nicolas Sarkozy, le nouveau promoteur de la paix au Moyen-Orient

  Profitant de la nouvelle position de la France dans le monde arabe suite à la guerre en Libye, le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé hier (21 septembre) un « statut intermédiaire » pour la Palestine s'agissant de sa reconnaissance aux Nations Unies.

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Profitant de la nouvelle position de la France dans le monde arabe suite à la guerre en Libye, le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé hier (21 septembre) un « statut intermédiaire » pour la Palestine s'agissant de sa reconnaissance aux Nations Unies.

La proposition de M. Sarkozy d'admettre la Palestine aux Nations Unies en tant qu'Etat observateur, comme le Vatican, contraste largement avec la position des Etats-Unis, qui affirment qu'ils opposeront leur veto à la demande du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour un statut de membre à part entière.

Dans son discours à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Sarkozy propose « un an pour parvenir à un accord définitif » entre Israël et la Palestine. Il a par ailleurs affirmé : « Je voudrais dire que personne ne peut imaginer que le processus de paix ne puisse se passer de l'Europe, que personne ne peut imaginer que le processus de paix puisse se passer de tous les membres permanents du Conseil de Sécurité, que personne ne peut imaginer que l'on puisse se passer des États arabes qui ont déjà fait le choix de la paix ». 

« Il faut arrêter de croire qu'un seul pays, fut-il le plus grand, ou qu'un petit groupe de pays peuvent résoudre un problème d'une telle complexité. Trop d'acteurs majeurs sont laissés de côté pour pouvoir aboutir », a expliqué M. Sarkozy, selon la transcription de son discours publiée sur le site Internet de l'Elysée.

Le président français s'est exprimé contre la stratégie américaine d'opposer son veto à la candidature palestinienne. « Mais disons-nous la vérité : qui peut douter qu'un veto au Conseil de Sécurité n'engendrera pas un cycle de violence au Proche-Orient ? Qui peut en douter ? », a-t-il insisté.

« La méthode ne fonctionne plus […] Changeons de méthode ! Changeons d'état d'esprit ! », s'est exclamé M. Sarkozy.

« Faut-il pour autant exclure une étape intermédiaire ? Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d'Etat observateur aux Nations Unies ? Ce serait un pas important, nous sortirions après 60 ans de l'immobilisme, l'immobilisme qui fait le lit des extrémistes », a-t-il déclaré.

Selon les règles de l'ONU, toute candidature pour une adhésion à part entière requiert une recommandation du Conseil de sécurité, puis un vote à la majorité des deux tiers à l'Assemblée générale, composée de 193 membres.

Un statut n'impliquant pas une telle adhésion ne requerrait qu'une simple majorité à l'Assemblée, où le droit de veto ne s’applique pas. Cette solution permettrait également aux Palestiniens d'avoir accès à des organismes tels que l'Organisation mondiale de la santé et peut-être même la Cour pénale internationale.

Le président français a ensuite rencontré le président américain, Barack Obama, qui a insisté sur le fait que seules des négociations entre Israël et les Palestiniens pourraient permettre de construire une paix durable.

M. Obama a dit à Mahmoud Abbas lors d'une réunion que l'ONU n'accorderait pas le statut d'Etat à la Palestine et que les Etats-Unis opposeraient leur veto à une telle décision au Conseil de sécurité, a fait savoir la Maison Blanche.

« La paix ne s'installera pas grâce à des déclarations et des résolutions de l'ONU », a-t-il déclaré. « Au final, ce sont les Israéliens et les Palestiniens, pas nous, qui doivent conclure un accord sur les questions qui les opposent : les frontières et la sécurité, les réfugiés et Jérusalem », a affirmé M. Obama, cité dans la presse.

Le président américain n'a pas commenté les propositions françaises, mais Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale, a avancé que les propositions de M. Sarkozy étaient « importantes » et « constructives », a rapporté l'AFP.

Un haut fonctionnaire de l'Union européenne, cité par Associated Press, aurait affirmé que la proposition présentée par Nicolas Sarkozy correspondait à celle qu’avait formulée la responsable de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton, lors d'une réunion avec les ministres européens des affaires étrangères mardi. Ce fonctionnaire a préféré s'exprimer sous le couvert de l'anonymat en raison du caractère sensible des discussions.

Nous ne savons cependant toujours pas si tous les Etats membres de l'UE approuvent cette proposition, dans la mesure où plusieurs membres d'Europe de l'Est ont tendance à s'aligner sur l'avis des Etats-Unis s'agissant du Moyen-Orient.

Cinq millions de musulmans et 600 000 juifs vivent actuellement en France. Selon des observateurs politiques français, l'initiative de M. Sarkozy doit être envisagée dans le contexte des prochaines élections présidentielles françaises en mai 2012.