Normalisation des relations Kosovo-Serbie : le Premier ministre du Kosovo garde espoir

En amont d’une réunion clé entre le Kosovo et la Serbie sous l’égide de l’UE qui aura lieu le 18 mars, le Premier ministre du Kosovo a évoqué la réticence du président serbe à signer un accord. Il a en revanche fait part de l’espoir que suscitent les négociations à venir.

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Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti a publié un message vidéo au cours du week-end, dans lequel il affirme que la reconnaissance mutuelle est le seul moyen de normaliser les relations. [EPA-EFE/GEORGI LICOVSKI]

En amont d’une réunion clé entre le Kosovo et la Serbie sous l’égide de l’UE qui aura lieu le 18 mars à Ohrid, en Macédoine du Nord, le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a évoqué la réticence du président serbe, Aleksandar Vučić, à signer un accord. Il a en revanche fait part de l’espoir que suscitent les négociations à venir.

Alors que l’UE et les États-Unis ont indiqué qu’un accord verbal avait été conclu à Bruxelles à la fin du mois de février, M. Vučić a rapidement fait marche arrière auprès de ses concitoyens, affirmant qu’il ne signerait pas l’accord.

M. Kurti a publié un message vidéo au cours du week-end, dans lequel il affirme que la reconnaissance mutuelle est le seul moyen de normaliser les relations.

« Nous pensons que l’accord de base entre le Kosovo et la Serbie constitue une avancée vers la reconnaissance mutuelle entre les deux États. Nous pensons que la normalisation complète des relations requiert une telle reconnaissance comme point central de l’accord », a-t-il déclaré.

« Lors de la réunion trilatérale qui s’est tenue à Bruxelles le 27 février, j’ai proposé de signer l’accord de base au nom de la République du Kosovo. Malheureusement, le président serbe a rejeté cette offre. Il a fait part de son refus publiquement après la réunion », a-t-il indiqué. Il a également ajouté qu’il espérait que ce refus ne signifiait pas que M. Vučić contestait le contenu de l’accord.

Lors d’un entretien ultérieur accordé à Euronews, M. Kurti a affirmé qu’il restait toutefois optimiste.

« Ce traité de base, qui a été proposé par les 27 États membres de l’UE, constitue le socle qui nous permettra d’aller de l’avant, et nous espérons y parvenir le 18 mars », a déclaré M. Kurti.

Il a souligné les « progrès économiques et démocratiques sans précédent » réalisés par le Kosovo au cours des deux dernières années, tout en précisant que le pays était à l’avant-garde dans ces domaines dans l’ensemble des Balkans occidentaux.

M. Kurti a également déclaré que des signes positifs indiquent que le pays sera accepté comme membre du Conseil de l’Europe, la principale organisation de défense des droits humains en Europe.

« La grande majorité des membres du Conseil de l’Europe sont favorables à la candidature du Kosovo, et j’espère que nous pourrons maintenant accélérer les procédures afin d’obtenir le vote définitif en vue de l’adhésion au Conseil de l’Europe. Il s’agit pour nous d’un point essentiel, car cela serait d’une grande utilité pour les citoyens eux-mêmes », a-t-il précisé.

Par ailleurs, au cours du week-end, la présidente kosovare Vjosa Osmani s’est entretenue avec le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, afin de discuter du dialogue avec la Serbie.

Bien que la Grèce ne reconnaisse pas la souveraineté du Kosovo, un communiqué de presse du bureau du président publié à l’issue de la réunion a suggéré que la Grèce soutenait l’accord et la stabilité dans la région.

« En ce qui concerne les récents développements dans le processus de dialogue avec la Serbie, la présidente Mme Osmani a souligné que le plan de mise en œuvre de l’accord doit être conforme à la Constitution de la République du Kosovo, qui contribuera à la paix et à la stabilité à long terme dans la région, tout en réitérant que la coordination du Kosovo avec les alliés dans ce processus se poursuivra », peut-on lire dans la déclaration.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]