Nouveaux plans de défense : les pays baltes se tournent vers l’OTAN pour obtenir un soutien en matière de défense aérienne

La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie demandent aux autres membres de l’OTAN d’augmenter leur soutien à la défense aérienne pour sécuriser la partie baltique du flanc oriental de l’Alliance militaire.

Euractiv.com
French Baltic Air Policing mission in Estonia
« Nous devons mettre en place un système au lieu de procéder à des rotations spontanées », a déclaré l’un des diplomates de l’OTAN originaire de l’un des pays baltes. « Nous voulons disposer d’un système de défense aérienne durable, qui fera l’objet d’une rotation dans les années à venir. » [OTAN]

La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie demandent aux autres membres de l’OTAN d’augmenter leur soutien à la défense aérienne pour sécuriser la partie baltique du flanc oriental de l’Alliance militaire en cas d’attaque. C’est ce qu’ont expliqué des diplomates à EURACTIV dans le cadre de la révision des plans de défense du territoire de l’OTAN.

Les pays baltes aimeraient voir augmenter la « défense aérienne par rotation » pour protéger leur territoire, ont expliqué plusieurs diplomates de l’OTAN à EURACTIV, avant de préciser qu’ils constataient un « manque de capacité » alors que la guerre en Ukraine a mis en lumière la nécessité d’une défense aérienne efficace pour répondre aux attaques et lutter contre l’épuisement des stocks.

« Nous avons besoin de nouveaux plans de défense, en particulier pour le flanc oriental, et d’une solution par rotation de la défense aérienne dans les pays du front oriental », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l’Estonie, Urmas Reinsalu, lors de la réunion ministérielle de l’OTAN en avril.

En juin 2022, lors du sommet de Madrid, les membres de l’OTAN ont décidé d’accroître leur présence sur le flanc oriental de l’Alliance militaire afin de mieux dissuader d’éventuelles attaques contre les membres de l’OTAN et d’améliorer leur préparation à la défense.

Des équipements coûteux

Des diplomates de l’Alliance ont indiqué qu’investir dans des systèmes de défense aérienne coûteux pour les pays baltes serait l’une des pièces du puzzle de la défense collective.

La charge devrait donc être partagée entre tous les membres de l’Alliance, selon certaines personnes impliquées dans les discussions.

Dans le radar des États baltes se trouvent tous les moyens nécessaires pour défendre l’espace aérien des trois pays : des avions, des unités au sol et du personnel, entre autres, a confié un diplomate de l’OTAN à EURACTIV. Un second diplomate de l’OTAN a fait référence aux systèmes de défense des missiles sol-air.

« Nous devons mettre en place un système au lieu de procéder à des rotations spontanées », a déclaré l’un des diplomates de l’OTAN originaire de l’un des pays baltes. « Nous voulons disposer d’un système de défense aérienne durable, qui fera l’objet d’une rotation dans les années à venir. »

L’Estonie fera l’acquisition de systèmes de moyenne portée avec la Lettonie « mais les recevra en 2025 », ont-ils ajouté.

Lors du sommet de l’OTAN de l’année dernière à Madrid, « il y a eu un appel à fournir des capacités de défense aérienne au flanc oriental, mais rien de particulièrement concret ne s’est produit », a expliqué le même diplomate à EURACTIV le mois dernier.

Nouveaux plans de défense

Lors du sommet de l’OTAN à Vilnius en juillet, les États membres de l’Alliance devraient également se mettre d’accord sur de nouveaux plans de défense régionaux après avoir reçu une ébauche fin avril.

Cette demande est motivée par la guerre lancée par la Russie, voisine des pays baltes, en Ukraine en février 2022.

L’une des leçons de cette guerre réside dans la « nécessité » de renforcer la défense aérienne, a confié un diplomate de l’OTAN à EURACTIV, car elle permet de protéger l’espace aérien ainsi que les forces et les équipements sur le terrain.

L’autre concerne la nécessité de reconstituer les stocks au moyen d’équipements et de munitions supplémentaires après les avoir épuisés pour approvisionner l’Ukraine ainsi que la « nécessité » de moderniser les forces de défense, en particulier en Europe de l’Est, ont-ils également indiqué.

Les pays baltes bénéficient déjà de patrouilles aériennes dans leur espace aérien, lesquelles sont effectuées par d’autres membres de l’OTAN au titre de la mission « Baltic Air Policing » (BAP).

La police du ciel des pays baltes a été mise en place pour la première fois en 2004, lorsque les trois pays ont rejoint l’Alliance militaire, dans la mesure où ils ne pouvaient pas le faire eux-mêmes et en vue de dissuader toute agression de la part de la Russie.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]