Olaf Scholz exhorte l’opposition à s’entendre sur des mesures d’aide économique avant les élections anticipées

L’Allemagne devrait adopter quelques lois clés pour soulager son économie en difficulté avant les élections anticipées de février, a annoncé le chancelier Olaf Scholz au Bundestag (assemblée parlementaire d’Allemagne) mercredi 4 décembre, exhortant l’opposition conservatrice à voter en conséquence.

EURACTIV.com
Scholz Answers Parliamentarians’ Questions In The Bundestag As Snap Elections Loom In February
Le chancelier allemand Olaf Scholz répond aux questions de ses collègues parlementaires au Bundestag le 4 décembre 2024 à Berlin, Allemagne. [Michele Tantussi/Getty Images]

L’Allemagne devrait adopter quelques lois essentielles pour soulager son économie en difficulté avant les élections anticipées de février, a annoncé le chancelier Olaf Scholz au parlement allemand mercredi 4 décembre, exhortant l’opposition conservatrice à voter en conséquence.

Olaf Scholz (SPD/S&D) a perdu sa majorité au Bundestag en novembre, après que le parti libéral FDP (Renew) a quitté sa coalition tripartite, suite à la décision du chancelier allemand de limoger le leader du FDP, Christian Lindner, de son poste de ministre des Finances.

Olaf Scholz devrait organiser un vote de confiance le 16 décembre, permettant ainsi au président d’organiser des élections anticipées pour le 23 février 2025.

Toutefois, devant le parlement mercredi, le chancelier a appelé l’opposition conservatrice de la CDU/CSU (PPE) à soutenir certaines des initiatives en cours de son gouvernement, compte tenu de l’urgence de la situation économique du pays.

« Beaucoup de choses doivent être faites », a déclaré le chancelier, ajoutant qu’il « préconisait fermement » l’adoption de mesures clés avant les élections de février. Ces mesures comprennent l’ajustement de l’impôt sur le revenu en fonction de l’inflation et la subvention des frais de réseau afin d’éviter une augmentation des prix de l’électricité.

« Nous devons défendre les emplois industriels et, avant tout, nous devons garantir la sécurité des prix de l’énergie », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il allait donc « demander que cette proposition d’allègement soit adoptée cette année, par ce Parlement ».

Les prix élevés de l’énergie sont considérés comme l’une des principales raisons du marasme industriel que connaît l’Allemagne, qui a vu son PIB stagner cette année, après s’être contracté de 0,3 % l’année dernière. De nombreux géants industriels, dont le constructeur automobile Volkswagen et le sidérurgiste ThyssenKrupp, ont annoncé de nombreux licenciements.

Par ailleurs, l’augmentation des investissements dans le réseau électrique est un préalable à l’électrification de l’industrie, de la mobilité et du chauffage — un élément clé de la stratégie climatique du pays. Ces investissements sont financés par la redevance réseau facturée aux consommateurs et aux entreprises, qui devrait augmenter de 3,4 % en 2025, ont annoncé les gestionnaires de réseau.

Pour éviter cette augmentation, le gouvernement allemand a adopté un paquet de 1,3 milliard d’euros pour subventionner les frais de réseau, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Steffen Hebestreit, avec l’objectif que la loi soit discutée pour la première fois au parlement cette semaine.

Toutefois, il est peu probable que cette mesure trouve une majorité parlementaire, puisque le président de la CDU, Friedrich Merz, a exclu mardi la possibilité d’un accord sur tout projet de loi ayant un « impact budgétaire » cette année.

Le ministre de l’Économie Robert Habeck (Verts) a appelé à l’adoption de mesures d’urgence pour réduire les prix de l’électricité lors d’une conférence industrielle la semaine dernière, ce qui a été appuyé par la principale association industrielle du pays, la BDI.

Étant donné que le nouveau gouvernement de coalition n’entrera probablement pas en fonction avant avril 2025, si nous n’agissons pas maintenant, « nous perdrions six mois dans une situation où des décisions contre l’investissement en Allemagne, ou du moins pas en faveur de l’investissement en Allemagne, sont prises chaque jour et chaque semaine », a averti Siegfried Russwurm, président de la BDI.

Nikolaus J. Kurmayer a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anna Martino]