Olli Rehn souhaite un "nouvel accord institutionnel" après le prochain élargissement [FR]

Dans un discours du 19 mai 2006, le commissaire à l'élargissement a donné la définition suivante de la "capacité d'absorption" de l'UE : il s'agit de déterminer si l'UE peut accepter de nouveaux membres et continuer de fonctionner efficacement. Il a également mis en garde contre les "tentations de populisme". 

Dans un discours du 19 mai 2006, le commissaire à l’élargissement a donné la définition suivante de la « capacité d’absorption » de l’UE : il s’agit de déterminer si l’UE peut accepter de nouveaux membres et continuer de fonctionner efficacement. Il a également mis en garde contre les « tentations de populisme ». 

Souhaitant répondre aux inquiétudes des hommes politiques et des citoyens au sujet de l’élargissement, Olli Rehn a exposé, lors de son discours à l’EPC (European Policy Center) le 19 mai 2006, les conditions qui devront être remplies à l’avenir pour permettre de nouveaux élargissements. Selon lui, il faut ‘un nouveau consensus sur l’élargissement’.

Reprenant la position du Parlement européen, mais sans mentionner explicitement le traité constitutionnel, M. Rehn a déclaré qu’il fallait « revoir l’accord institutionnel et les dispositions budgétaires » de l’UE après l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. Il a demandé au Conseil européen qui se réunit les 15 et 16 juin 2006 à Bruxelles d’adopter une « approche progressive » pour que les futures présidences parviennent à cet accord.

Selon Olli Rehn, la « capacité d’absorption » de l’UE consiste à déterminer « si l’UE peut accepter de nouveaux membres et continuer à fonctionner efficacement ». Il faut pour cela envisager deux facteurs déterminants : « la transformation des pays candidats en dignes Etats membres et l’évolution des politiques et des institutions de l’Union. » L’adhésion à l’UE doit donc dépendre de « conditions rigoureuses ».

Faisant indirectement référénce aux récentes déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel, M. Rehn a souligné que « les frontières de l’Europe » étaient une question de « valeurs partagées », et non de géographie.

Cependant, l’UE ne prendra pas de nouvel engagement envers d’autres pays (comme l’Ukraine ou la Moldavie) que ceux qui ont déjà une « perspective européenne » (ie. la Turquie, la Croatie et les Balkans occidentaux).

Soulignant qu’il faut résister aux « tentations de populisme », M. Rehn a indiqué que l’Europe devait s’attaquer aux vrais problèmes, à savoir le chômage et l’insécurité sociale, pour répondre aux inquiétudes des citoyens tout en se préparant à de nouveaux élargissements. Selon lui, les Balkans occidentaux et la Turquie ne doivent pas être pris en otage des débats internes.