ONU : les hommes vivent au dessus des moyens de la Terre [FR]
Malgré des avancées dans le domaine de la protection de l’environnement, des problèmes persistants continuent à mettre l’humanité en danger, comme l'a déclaré l'ONU dans sa perspective environnementale mondiale publiée le 25 octobre.
Malgré des avancées dans le domaine de la protection de l’environnement, des problèmes persistants continuent à mettre l’humanité en danger, comme l’a déclaré l’ONU dans sa perspective environnementale mondiale publiée le 25 octobre.
D’après le rapport, parmi les questions qui restent en suspens, le changement climatique, le rythme d’extinction des espèces et le défi d’alimenter une population en expansion, mettent tous l’humanité en danger.
Le rapport avertit que d’autres problèmes viennent s’ajouter à ces questions persistantes les plus difficiles à gérer. On constate notamment l’apparition rapide de « zones mortes » d’oxygène dans les océans et l’émergence de nouvelles et d’anciennes maladies en partie liées à la dégradation de l’environnement.
Le rapport de l’ONU est donc un sérieux avertissement. On y lit en effet que nous vivons bien au-delà de nos ressources. La population humaine est aujourd’hui si importante que les ressources nécessaires pour la faire vivre dépassent les ressources disponibles. D’après le rapport sur l’empreinte écologique des Nationsuniesde 2005, l’empreinte de l’humanité représente 21,9 ha/personne, alors que la capacité biologique de la Terre est, en moyenne, de 15,7 ha/personne seulement, entraînant une dégradation et une perte environnementales nettes.
Le rapport conclut que les gouvernements doivent prendre les devants, mais que d’autres parties prenantes sont toutes aussi importantes pour garantir le succès et contribuer au développement durable. Des changements fondamentaux dans les structures sociales et économiques, notamment les changements de modes de vie, sont essentiels pour accomplir des progrès rapidement.
Concernant l’Europe, le rapport souligne que la grande prospérité ainsi que le nombre de foyers individuels du continent contribuent à générer des modèles de production et de consommation non durables, une très grande utilisation de l’énergie, un air urbain de mauvaise qualité et des problèmes de transports liés aux demandes pour accroître la mobilité.
Néanmoins, il affirme que l’augmentation de la conscience de la population, soutenue par la hausse des prix de l’énergie, a engendré un nouvel élan politique pour aborder la question. Il fait référence à la bonne gouvernance européenne et à la coopération avancée dans les problèmes environnementaux comme des atouts majeurs pour la mise en pratique des enseignements tirés.
Cette étude est considérée comme le rapport de l’ONU sur l’environnement le plus complet, élaboré par 390 experts et révisé par plus d’un milliers d’autres spécialistes à travers le monde. Elle évalue l’état actuel de l’atmosphère, des sols, de l’eau et de la biodiversité dans le monde, décrit les évolutions depuis 1987 et détermine les domaines d’action prioritaires.
La première révision de la nouvelle stratégie européenne en faveur du développement durable (SDD), publiée la veille, demande l’intensification des actions pour réduire significativement des tendances non durables persistantes. Selon José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, les préoccupations européennes sont plus manifestes en ce qui concerne la consommation d’énergie, les transports, la biodiversité et la santé (EURACTIV 25/10/2007).