Pacte budgétaire : Merkel et l’opposition avancent vers un accord

Quelques heures avant leur rencontre avec le Président et le Premier ministre français, les dirigeants du principal parti de gauche allemand ont négocié l’adoption de l’accord sur la discipline budgétaire avec la chancelière.

EURACTIV.fr
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Quelques heures avant leur rencontre avec le Président et le Premier ministre français, les dirigeants du principal parti de gauche allemand ont négocié l’adoption de l’accord sur la discipline budgétaire avec la chancelière.

Angela Merkel a besoin du soutien de l’opposition pour adopter le pacte budgétaire, signé par 25 pays de l’UE en janvier.

Sa rencontre avec les dirigeants des principaux partis d’opposition, mercredi 13 juin, n’a pas encore donné lieu à un accord final sur les détails des concessions du gouvernement fera en échange du vote de la gauche.

Ratification avant l’été

Mais les responsables politiques ont laissé entendre que le pacte budgétaire pourrait probablement être approuvé avant la pause d’été du parlement allemand, qui commence début juillet. Selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, la ratification du pacte et du mécanisme européen de stabilité (MES) se fera probablement le 28 juin.

Ironie du sort, c’est le jour où les dirigeants européens se retrouvent à Bruxelles pour évoquer les pistes de réforme sur la croissance. 

Un accord de principe, entre le gouvernement et l’opposition allemande, sur l’introduction d’une taxe sur les transactions financières, a été confirmé. Mais les modalités exactes du projet restent à définir. Selon l’opposition, le gouvernement s’est engagé à faire avancer le dossier au plan européen dans les semaines à venir.  

L’opposition demande également à la chancelière de prendre des mesures en faveur de la croissance en Europe. Un premier document sur la croissance et l’emploi est en train d’être élaboré par le gouvernement.

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Rencontre à Paris

Après leur rencontre à la chancellerie, les trois principaux dirigeants du parti social-démocrate allemand, Frank-Walter Steinmeier, Sigmar Gabriel et Peer Steinbrück, se sont rendus à Paris pour rencontrer le nouveau président François Hollande et son premier ministre Jean-Marc Ayrault.

De manière générale, le rapprochement avec les socialistes français fait tout sauf l’unanimité parmi les sociaux-démocrates allemands. 

Le fait que les trois dirigeants du SPD aient été reçus avant le premier déplacement officiel de la chancelière Angela Merkel à Paris a irrité certains responsables politiques allemands. 

« Je me réjouirais si le trio du SPD assumait sa responsabilité ici en Allemagne et cessait de repousser son accord sur le pacte budgétaire pour des raisons politiciennes. L’Europe a besoin d’un signal fort de la part de l’Allemagne », a déclaré le chef du groupe parlementaire des libéraux Rainer Brüderle au journal Spiegel Online, mercredi 13 juin

Côté français, cette rencontre est un signe de plus de la distance affichée par François Hollande vis-à-vis de la chancelière. Le rendez-vous a montré la convergence entre les gauches française et allemande sur tout, sauf l’essentiel. 

« Le Premier ministre et les dirigeants du Parti social-démocrate d’Allemagne ont en particulier constaté leur vision commune concernant la stabilité budgétaire, les mesures de soutien à la croissance, l’introduction d’une taxe sur les transactions financières et l’instauration d’un mécanisme assurant la  stabilité financière », a déclaré Matignon à l’issue de la rencontre.

Eurobonds vs. fonds de rédemption

Sur la mutualisation de la dette les points de vue continuent à diverger. Alors que François Hollande appelle à la création d’eurobonds pour soulager du fardeau de la dette les pays en difficultés financières, le SPD s’y oppose.

>>> Lire « Eurobonds : Hollande ne peut pas compter sur la gauche allemande »

Les sociaux-démocrates allemands veulent créer un fonds de rédemption. Ce dernier prévoit une mutualisation de la dette jugée excessive (au-delà des 60% du PIB) pour une période allant de 25 à 30 ans. Cette proposition aurait éveillé l’intérêt de François Hollande, a déclaré le président du SPD Sigmar Gabriel selon la radio allemande SWR.