Paiement des doses Covid-19 non-livrées : les conditions sont « scandaleuses », selon la Pologne
La Pologne ne participera pas au nouvel accord sur les vaccins contre la Covid-19 négocié par l’UE au nom des États membres, a annoncé le ministre polonais de la Santé, Adam Niedzielski, qui a qualifié de « scandaleuse » la demande de paiement de Pfizer pour les doses non livrées.
La Pologne ne participera pas au nouvel accord sur les vaccins contre la Covid-19 négocié par l’UE au nom des États membres, a annoncé le ministre polonais de la Santé, Adam Niedzielski, qui a qualifié de « scandaleuse » la demande de paiement de Pfizer pour les doses non livrées.
La Commission européenne a annoncé vendredi dernier (26 mai) qu’elle était parvenue à un accord avec Pfizer-BioNTech concernant la possibilité de réduire les livraisons, garanties à partir de 2020 dans le cadre de la stratégie de l’UE en matière de vaccins, et l’extension de la durée pendant laquelle les États membres pourront prendre les livraisons.
Dans une offre présentée à la Commission, Pfizer a exigé des paiements pour les doses non livrées, s’élevant à la moitié du coût des livraisons complètes, a souligné M. Niedzielski, qualifiant cette condition de « scandaleuse ».
« Les conditions négociées par la Commission au nom des États membres avec Pfizer ne sont absolument pas satisfaisantes et nous n’allons pas adhérer à l’accord », a-t-il déclaré jeudi (1er juin) selon l’Agence de presse polonaise (PAP).
La Pologne est à la tête d’une coalition de pays européens qui réclament une renégociation des contrats avec le groupe pharmaceutique américain. Au début de l’année, elle a été le premier État membre à recevoir le feu vert pour renégocier seule son contrat de vaccination avec Pfizer.
Toutefois, la Commission européenne négociait simultanément au nom de l’ensemble de l’Union. Les pourparlers ont été gérés par l’« équipe conjointe de négociation », composée de la Commission et de plusieurs représentants des États membres, avait expliqué le porte-parole de la Commission à EURACTIV Pologne en mars.
En raison de l’évolution de la situation épidémique, la Pologne a longtemps insisté sur la réduction des livraisons de vaccins, citant la hausse spectaculaire des coûts liés à l’acceptation et au maintien des réfugiés ukrainiens après l’invasion russe.
À partir d’avril 2022, la Pologne a agi en régime de force majeure, refusant de recevoir de nouvelles livraisons, a déclaré M. Niedzielski. Les contrats sont si mal définis qu’ils obligent pratiquement les pays à accepter des centaines de millions de doses dont personne n’a plus besoin, a-t-il affirmé.
Dans une lettre envoyée le mois dernier et consultée par EURACTIV, M. Niedzielski a demandé de modifier les termes des contrats de Pfizer pour les vaccins contre la Covid-19 afin d’« alléger la charge financière » et d’éviter que des milliers de vaccins ne soient gâchés.
Il a accusé l’entreprise de manquer de bonne volonté pour parvenir à un accord avec la Pologne et d’autres États membres. Pfizer est loin de faire preuve d’un niveau de flexibilité satisfaisant et de faire des propositions réalistes pour répondre à l’évolution de la situation sanitaire en Europe, a-t-il écrit.
Selon le ministre, plusieurs États membres de l’UE, dont la Hongrie et la Roumanie, partagent les critiques de Varsovie à l’égard de l’accord de la Commission. La Lituanie est également susceptible de rejoindre l’opposition, a ajouté M. Niedzielski.
Il a également précisé que les problèmes ne concernaient qu’un seul fournisseur de vaccins. Avec tous les autres, des accords ont été conclus sur « les principales réductions » des livraisons, a déclaré le ministre.