Pas d’accord sur le renflouement de la Grèce
Les prêteurs internationaux de la Grèce n’ont pas réussi à conclure un accord visant à accorder une tranche supplémentaire d’aide financière au pays criblé de dettes. Ils ont déclaré qu’ils essaieraient à nouveau d’aboutir à un accord la semaine prochaine.
Les prêteurs internationaux de la Grèce n’ont pas réussi à conclure un accord visant à accorder une tranche supplémentaire d’aide financière au pays criblé de dettes. Ils ont déclaré qu’ils essaieraient à nouveau d’aboutir à un accord la semaine prochaine.
« Nous sommes près d'un accord, mais des vérifications techniques doivent être menées, des calculs financiers doivent être effectués […] Il était impossible de les effectuer correctement à cette heure de la journée, c'est pourquoi nous interrompons la réunion et la reprendrons lundi prochain, » a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe à la presse.
« Il n'y a pas de désaccord politique majeur », a-t-il ajouté.
Néanmoins, la chute de l'euro face au dollar se poursuit.
Selon un document rédigé en vue du sommet et consulté par Reuters, la dette grecque ne peut être ramenée à 120 % du PIB d'ici 2020, le niveau que le FMI estime soutenable, sauf si les États membres de la zone euro acceptent de passer en perte une partie de leurs prêts accordés à Athènes.
Ce document de 15 pages qui a circulé entre les ministres stipule noir sur blanc à quel point la Grèce s'enlise dans la réduction de sa dette pour atteindre l'objectif fixé par le FMI. Cette dette s'élève actuellement à environ 170 % du PIB.
Ce document prévoit différentes mesures pour réduire la dette de la Grèce d'ici 2020, mais conclut qu'elles ne seront pas suffisantes si les créanciers de la zone euro refusent de perdre de l'argent, ce que l'Allemagne et d'autres pays estiment illégal.
La dette grecque pourrait chuter à 120 % du PIB en 2022 sans que les États membres de la zone euro ne doivent subir de pertes ou que des créanciers privés soient contraints de racheter des obligations.
La directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a toutefois rejeté ce report de deux ans lors des négociations semblables la semaine dernière.
« Afin de réduire davantage le ratio d'endettement, il est nécessaire de recourir à des mesures qui entraîneront des pertes de capital ou des implications budgétaires pour les États membres de la zone euro », peut-on lire dans ce document.
« Des pertes de capital semblent irréalisables d'un point de vue politique et compromettraient, du moins dans certains États membres, le soutien politique et public en faveur d'une aide financière. »
Lors d'une réunion la semaine dernière, M. Juncker a annoncé qu'il souhaitait accorder un délai à la Grèce, soit deux ans supplémentaires pour réduire sa dette. Mme Lagarde a quant à elle mentionné qu’elle souhaitait conserver l'horizon 2020.
Le FMI, qui a joué un rôle dans les deux renflouements de la Grèce jusqu'à présent, a un avis essentiel, car il fournit une légitimité internationale et une crédibilité aux efforts réalisés par la zone euro. Si le FMI ne soutenait plus les programmes de renflouement, les conséquences pour le marché seraient désastreuses.
Ce document semble conçu en partie pour convaincre le FMI que la dette grecque peut être soutenable si un délai de deux ans est accordé à Athènes et s'il assouplit sa position.
Il est toujours possible que Mme Lagarde accorde une marge de manoeuvre supplémentaire, mais elle semble privilégier l'idée que les États membres de la zone euro passent en perte une partie de leurs prêts accordés à la Grèce afin de s'en tenir à l'objectif de 120 % d'ici 2020.
Rachat de la dette
Parmi les principales mesures envisagées pour réduire la dette grecque aussi rapidement que possible, figure un plan de rachat de la dette dans le cadre duquel la Grèce offrirait des obligations à des créanciers privés à prix réduit par rapport à leur valeur nominale.
Selon des fonctionnaires et ce document, d'autres mesures sont envisagées, notamment l'utilisation d'environ 10 milliards d'euros afin de racheter des obligations à un prix qui varie entre 30 et 35 centimes d'euros.
Certaines propositions envisagent également de réduire le taux d'intérêt des prêts déjà accordés à la Grèce par les membres de la zone euro, d'imposer un moratoire sur le paiement des intérêts et d'allonger la durée de remboursement des prêts. Toutes ces mesures permettraient de réduire le poids de la dette.
La pression exercée sur les membres de la zone euro pour qu'ils trouvent une solution est forte non seulement parce que la Grèce est à court d'argent et que les marchés financiers souhaitent une solution fiable, mais également parce qu'Athènes a entrepris pratiquement toutes les mesures requises pour réduire les dépenses, augmenter les taxes et restructurer son économie.
« La Grèce a fait ce qu'il fallait. Maintenant, c'est à nous de le faire », a déclaré M. Juncker.
En raison du dernier retard, les ministres n'ont pas pu donner le feu vert à la prochaine tranche d'environ 44 milliards d'euros d'aide d'urgence à accorder à Athènes.
Ce financement aiderait la Grèce à court terme, mais la dette reste un problème à long terme.
Le commissaire européen en charge des affaires économiques, Olli Rehn, a déclaré lors de son arrivée à la réunion que la zone euro devrait se préparer à faire plus pour Grèce dans les prochaines années. Cette déclaration semble confirmer l'idée d'un passage en perte des prêts.
« Il est désormais indispensable de prendre une décision sur un ensemble de mesures crédibles pour la soutenabilité de la dette. Parallèlement, nous devons nous préparer à prendre des décisions supplémentaires à la lumière des évolutions futures », a déclaré M. Rehn.
Il n'a pas développé davantage, mais l'idée d'une diminution des prêts n'est plus à l'ordre du jour pour le moment étant donné que plusieurs pays, dont l'Allemagne, estiment que c'est politiquement et juridiquement impossible.