Pêche : les ministres de l’UE resserrent les quotas en mer Baltique
Les ministres de l’Agriculture et de la Pêche de l’Union européenne (UE) sont parvenus à un accord sur la réduction des quotas de pêche dans la Baltique. Ce dernier est cependant en deçà des ambitions de la Commission européenne et inquiète les ONG de défense de l’environnement.
Les ministres de l’Agriculture et de la Pêche de l’Union européenne (UE) sont parvenus à un accord sur la réduction des quotas de pêche dans la Baltique. Ce dernier est cependant en deçà des ambitions de la Commission européenne et inquiète les ONG de défense de l’environnement.
À la suite de négociations entamées lundi 21 octobre lors du Conseil « Agripêche », les ministres de l’UE ont trouvé un compromis entre la gestion durable des stocks de poissons et la préservation de l’activité de la pêche, en se concentrant sur les totaux admissibles des captures (TAC) et les quotas nationaux.
L’objectif de cet accord est de « trouver un équilibre entre l’aide à la reconstitution des stocks de poissons, la protection des écosystèmes marins et la garantie de la viabilité du secteur », a déclaré István Nagy, ministre hongrois de l’Agriculture qui présidait le Conseil « Agripêche », dans un communiqué de presse.
L’accord porte sur les principaux stocks halieutiques commerciaux de la mer Baltique, notamment le hareng, le cabillaud, la plie, le sprat et le saumon.
« Les ministres européens de la Pêche ont une fois de plus ignoré les limites de l’écosystème et dépassé les recommandations scientifiques sur certains des taux admissibles de captures de la mer Baltique », a réagi l’ONG Seas at Risk dans un communiqué de presse.
Une baisse des quotas
Dans l’ensemble, le Conseil a revu à la baisse les quotas de pêche, par rapport à ceux fixés pour 2024.
Les ministres de l’UE ont adopté la proposition de la Commission visant à réduire de 36 % les quotas de saumon dans la mer Baltique centrale. Ils ont toutefois décidé de maintenir le quota de 2024 pour le saumon dans le golfe de Finlande, alors que la Commission avait proposé une réduction de 20 %.
La pêche de loisir du saumon dans la mer Baltique centrale est désormais limitée à une seule prise par pêcheur et par jour.
Les États membres ont également opté pour une réduction des TAC de cabillaud, mais moins importante que celle proposée par la Commission. En 2025, les pêcheurs captureront 28 % moins de cabillaud en mer orientale et 22 % moins dans la partie occidentale, alors que la Commission proposait une réduction de 68 % et 73 % respectivement.
La Pologne et les États baltes ont défendu ces ajustements.
En revanche, le Conseil a suivi la proposition de la Commission de doubler les quotas pour le hareng en mer Baltique centrale (+108 %), en les augmentant de 10 % dans le golfe de Riga et de 21 % dans le golfe de Botnie.
Alors que la Suède s’est battue pour une réduction des TAC en mer Baltique centrale et en mer de Botnie, la plupart des États membres ont fait pression pour une augmentation de ces quotas.
Les ministres ont maintenu les taux admissibles de captures de 2024 pour le hareng en mer occidentale malgré la proposition de réduction de 50 % de l’exécutif européen. L’année dernière, le Conseil avait déjà ignoré la proposition de la Commission d’interdire la pêche au hareng dans la mer Baltique centrale.
Enfin, pour le sprat et la plie, le Conseil propose une réduction des captures conformément à l’avis de la Commission européenne.
Les ONG tirent la sonnette d’alarme
Dans un communiqué de presse, l’ONG Seas at Risk a critiqué les États membres pour avoir maintenu les quotas pour le hareng occidental et les deux stocks de cabillaud de la mer Baltique, contrairement aux recommandations de la Commission.
Elle s’est montré particulièrement inquiète de l’augmentation des quotas de harengs – à la base de l’alimentation des poissons plus grands, tels que le cabillaud et le saumon -, d’abord par la Commission, et maintenant par les États membres.
« Cette décision irresponsable aggravera le déclin des écosystèmes et menacera les moyens de subsistance des pêcheurs et des communautés côtières », avertit Rémi Cossetti, responsable de la politique de la pêche à Seas At Risk.
« Les ministres de la pêche de l’UE ont une fois de plus ignoré les limites de l’écosystème et dépassé les recommandations scientifiques sur certains totaux admissibles de captures (TAC) de la mer Baltique », a réagi de son côté le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un communiqué.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]