Pedro Sánchez fait face à la première grande crise de confiance avec les séparatistes catalans

Le parti séparatiste catalan Ensemble pour la Catalogne (JxCat), dont le soutien parlementaire assure la stabilité du gouvernement progressiste espagnol, a menacé cette semaine au parlement de rejeter le nouveau paquet de mesures anti-inflation.

EFE avec EURACTIV.com
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La clé de la stabilité de l’exécutif de M. Sánchez repose sur les sept députés de JxCat au parlement national. Or, le soutien du dirigeant du parti et ancien président catalan Carles Puigdemont est lié à plusieurs concessions que M. Sánchez a été contraint de faire. [ [EPA-EFE/JUAN CARLOS HIDALGO]]

Le parti séparatiste catalan Ensemble pour la Catalogne (JxCat), dont le soutien parlementaire assure la stabilité du gouvernement progressiste espagnol, a menacé cette semaine au parlement de rejeter le nouveau paquet de mesures anti-inflation.

Le paquet comprend des réductions importantes des prix des transports et de l’énergie.

Lors du premier vote de 2024, le parlement espagnol devrait donner son feu vert à trois décrets clés du gouvernement contenant d’importantes mesures d’allègement pour combattre l’inflation persistante. Selon les dernières données de l’Institut national des statistiques (INE), elle s’élèvre à 3,1 % en décembre 2023, a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.

En plus des mesures extraordinaires pour freiner l’inflation, le gouvernement Sánchez (PSOE/S&D) est confiant sur le fait que sa majorité parlementaire, grâce au soutien des nationalistes catalans et basques, lui permettra d’adopter d’autres mesures sociales, y compris une réforme des allocations de chômage et plusieurs réformes que Madrid s’est engagé à adopter en échange de l’obtention des fonds du Plan de relance européen de 2020.

Pedro Sánchez dirige une coalition avec la plateforme de gauche Sumar, dirigée par la vice-présidente, Yolanda Díaz (ancienne dirigeante du parti de gauche Podemos), tout en ayant besoin du soutien vital du parti de droite JxCat et de son rival séparatiste de gauche, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ainsi que du soutien des deux principaux partis séparatistes et nationalistes basques, le PNV de centre droit et le parti de gauche radicale EH Bildu.

Cependant, la clé de la stabilité de l’exécutif de M. Sánchez repose sur les sept députés de JxCat au parlement national. Or, le soutien du dirigeant du parti et ancien président catalan Carles Puigdemont est lié à plusieurs concessions que M. Sánchez a été contraint de faire.

Un complexe « mariage arrangé »

JxCat a notamment obtenu du gouvernement qu’il donne son feu vert à une future loi d’amnistie pour les personnes impliquées dans des actions séparatistes en Catalogne entre 2012 et 2023, y compris la grave tentative de sécession de 2017 dans cette région prospère, ainsi que d’autres concessions généreuses sur des questions politiques et économiques, notamment l’annulation de 15 milliards d’euros de la dette de la Catalogne envers l’État central.

Mais le « mariage arrangé » politique complexe entre le PSOE et les séparatistes de JxCat, qui compte sur la « vigilance » controversée d’un médiateur international pour garantir le respect des accords entre les deux parties, pourrait être mis à rude épreuve avant le vote de mercredi (10 janvier).

Vendredi (5 janvier), JxCat a annoncé qu’il voterait contre le décret du gouvernement sur la mise en œuvre des réformes liées au Plan de récupération, de transformation et de résilience (connu sous le nom de « décret omnibus »), car il pense qu’il compromettrait l’approbation de la loi d’amnistie et que le texte réduirait plusieurs compétences du gouvernement régional catalan (Generalitat), selon EFE.

Jusqu’à dimanche (7 janvier), JxCat n’avait pas remis en question sa position visant à rejeter le décret car, selon des sources au sein du parti séparatiste, il y a un « malaise » avec le PSOE, a rapporté la télévision publique espagnole  RTVE.

Carles Puigdemont, qui est exilé en Belgique depuis 2017, a convoqué une réunion du comité exécutif du parti ce lundi (8 janvier) pour ratifier son rejet du décret, tandis que ce week-end, JxCat a demandé au PSOE d’apporter des modifications au texte s’il veut obtenir ses votes favorables.

La crise de l’aide des millionnaires

Des sources du JxCat ont déclaré à EFE que le parti séparatiste était également prêt à voter contre les deux autres décrets qui seront soumis au vote mercredi, à savoir les mesures anti-inflation et la réforme des allocations de chômage.

Madrid prévoit d’approuver formellement le huitième paquet d’aides pour atténuer les effets de la crise, avec un budget de 5,35 milliards d’euros, qui comprend des mesures telles que la gratuité des trains locaux et de moyenne distance (Media Distancia) tout au long de l’année ou la subvention de 30 % du prix des billets de transport urbain et interurbain.

En outre, le gouvernement maintient une TVA nulle sur les produits alimentaires de base et une TVA de 5 % sur les pâtes et les huiles. L’impôt de solidarité sur les grandes fortunes et les prélèvements temporaires sur les banques et les entreprises énergétiques sont également prolongés pour 2024, de même que d’autres mesures.