Pénuries de médicaments : la HAS recommande à l’UE de faire des achats groupés

Pour prévenir les futures pénuries de médicaments en France et en Europe, la Haute autorité santé (HAS) a déclaré que l’UE pourrait procéder à des achats groupés de médicaments, lors d’une audition au Sénat.  

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Si le phénomène des pénuries de médicaments n’est pas nouveau, il s’est accentué l’hiver dernier notamment à cause de la recrudescence des virus respiratoires et de la triple épidémie de Covid, grippe et bronchiolite qui a frappé l’Europe.   [i viewfinder/Shutterstock]

Pour prévenir les futures pénuries de médicaments en France et en Europe, la Haute autorité santé (HAS) a déclaré que l’UE pourrait procéder à des achats groupés de médicaments, lors d’une audition au Sénat.  

« Le problème [des pénuries de médicaments, NDLR]  est général et une gestion au niveau européen a davantage de chance d’être efficace », a déclaré Dominique Le Guludec, présidente de la HAS devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les pénuries de médicaments jeudi (9 février).

Mme Le Gudulec a fait notamment référence au rôle que pourrait jouer HERA, la nouvelle agence de santé de l’UE de réaction en cas d’urgence sanitaire, dans l’achat groupé de médicaments dans des situations particulières. 

Si le phénomène des pénuries de médicaments n’est pas nouveau, il s’est accentué l’hiver dernier notamment à cause de la recrudescence des virus respiratoires et de la triple épidémie de Covid, grippe et bronchiolite qui a frappé l’Europe.  

« Les médecins européens sont profondément préoccupés par l’augmentation des pénuries de médicaments à court et à long terme. Nous demandons à l’Union européenne de prendre des mesures urgentes », avait déclaré le Comité Permanent des Médecins Européens en janvier dernier. 

En Italie par exemple, l’Agence des médicaments (Agenzia italiana del farmaco, AIFA) a signalé une pénurie de plus de 3 000 médicaments, dont 554 sont en rupture de stock.

Mme Le Guludec a confirmé que le manque de stocks de médicaments n’était pas un cas français mais bien un « problème général » au niveau européen, soulignant l’importance d’une « collaboration européenne entre les Etats membres ». 

La présidente de la HAS a aussi souligné le rôle de l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans la gestion de la crise et le dialogue avec les industriels pharmaceutiques, alors que les problèmes liés à la fabrication des produits sont « de plus en plus fréquents ». 

En janvier, l’EMA avait indiqué avoir rencontré les acteurs des chaînes d’approvisionnement d’amoxicilline, un antibiotique qui connaît des pénuries, pour « leur fournir un soutien réglementaire afin d’augmenter la capacité de production ».

Par soutien réglementaire, comprendre un assouplissement des règles en vigueur au sein de l’UE. Par exemple, la fourniture exceptionnelle de certains médicaments non autorisés dans un État membre, a permis de limiter l’impact des pénuries.

« L’EMA a reçu un retour d’information positif de la part des principaux fabricants et l’on s’attend à ce que l’approvisionnement soit accru dans les semaines et les mois à venir », pouvait-on encore lire dans le communiqué.

À ce jour en Europe, trois usines, deux en France et une en Autriche, se sont remises à produire des médicaments tels que le paracétamol et l’amoxicilline.

« L’Europe serait plus forte pour imposer un certain nombre de contraintes aux industriels », que si les pays membres tentaient de gérer les pénuries au niveau national, a conclu Mme Le Guludec.