Pénuries : la France va importer des pilules abortives depuis l'Italie

Depuis plusieurs semaines, la France connaît des pénuries de misoprostol, une pilule utilisée pour avorter. Face aux tensions d'approvisionnement, le ministre de la Santé François Braun a annoncé mardi importer des pilules depuis l'Italie.

Euractiv France
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Depuis plusieurs semaines, la France connaît des pénuries de misoprostol, une pilule utilisée pour avorter. [LeviaUA/Shutterstock]

Depuis plusieurs semaines, la France connaît des pénuries de misoprostol, une pilule utilisée pour avorter. Face aux tensions d’approvisionnement, le ministre de la Santé François Braun a annoncé mardi importer des pilules depuis l’Italie.

« Ce 18 avril, le ministère de la santé François Braun annonce que la France va importer d’Italie des pilules abortives (#misoprostol) pour faire face aux pénurie », a déclaré sur Twitter l’Observatoire de la transparence des médicaments (OTMeds) mardi 18 avril.

Le misoprostol est une pilule utilisée dans 76% des avortements médicamenteux en France, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). 

Actuellement, ce médicament est en pénurie principalement dans les villes de Lille et de Colmar, et dans les régions d’Île-de-France et d’Occitanie, selon l’OTMeds qui a donné l’alerte vendredi 14 avril.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) parle de « tensions d’approvisionnement », et non de pénuries. L’ANSM ajoute que les tensions sur le misoprostol en France datent du début de l’année 2023.

Selon l’Agence européenne des médicaments (EMA), aucun autre pays dans l’UE ne connaît une situation similaire à celle de la France.  

« L’EMA n’a pas été informée de pénuries récentes de pilules abortives dans l’UE », a déclaré l’EMA à Euractiv France. Selon l’Agence européenne, les pénuries les plus récentes de misoprostol et d’autres antiprogestatifs remontent à 2020, principalement en Slovaquie et en Norvège.

« Les autorités nationales compétentes gèrent généralement les pénuries de produits autorisés au niveau national, en particulier si elles n’affectent pas d’autres pays », a précisé l’EMA à Euractiv. 

Accès à l’IVG restreint 

Les tensions sur le misoprostol font craindre un accès restreint à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), et plusieurs associations et politiques ont donné l’alerte. 

« En France, le droit effectif à l’IVG est gravement entravé ! », a déclaré sur Twitter mardi la députée France Insoumise (LFI) Mathilde Panot. 

« Les difficultés d’approvisionnement en pilules abortives impactent directement les personnes qui veulent avorter. La situation ne peut plus durer ! Nous sonnons le signal d’alarme et alertons François Braun. », a également déclaré dans un tweet mardi le Planning familial. 

« Aujourd’hui, la pénurie franchit une étape supplémentaire. Elle affecte le droit des femmes à l’IVG », a écrit la Vice-présidente du Sénat Laurence Rossignol (Socialitse, Écologiste et Républicain) dans une lettre adressée à François Braun. 

Selon l’Observatoire de la transparence du médicament, la pénurie de misoprostol est le fruit d’une « concentration de la production », qui aurait pour conséquence de rendre la chaîne d’approvisionnement « vulnérable ».

« La défense du droit à l’IVG passe par une relocalisation publique de la production des pilules abortives. Cette production doit par ailleurs être coordonnée au niveau européen », a conclu l’OTMeds.