Une eurodéputée roumaine d’extrême droite expulsée de l’hémicycle à Strasbourg

Une eurodéputée roumaine d’extrême droite a été expulsée de l’hémicycle européen à Strasbourg, après avoir interrompu par ses cris les débats suivant un discours de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

EURACTIV France avec AFP
EU Parliament to vote on new term for European Commission President von der Leyen
L'eurodéputée roumaine Diana Iovanovici Șoșoacă perturbant une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, le 18 juillet 2024. [EPA-EFE/LESZEK SZYMANSKI]

Une eurodéputée roumaine d’extrême droite a été expulsée de l’hémicycle européen à Strasbourg, après avoir interrompu par ses cris les débats suivant un discours de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

L’incident s’est produit lors d’une prise de parole de la présidente du groupe Renew (libéraux), la Française Valérie Hayer, qui demandait à Ursula von der Leyen « de faire tout (son) possible pour inscrire le droit à l’IVG [interruption volontaire de grossesse, NDLR] dans la Charte européenne des droits fondamentaux ».

Diana Iovanovici Șoșoacă, membre du parti d’extrême droite S.O.S. România et qui siège parmi les non-inscrits au Parlement européen, a alors poussé des hurlements, interrompant le discours de Mme Hayer, au grand agacement de la présidente de l’hémicycle Roberta Metsola.

« C’est la troisième fois que vous faites cela, je demande que la députée soit accompagnée vers la sortie de la salle », a lancé Mme Metsola.

Diana Iovanovici Șoșoacă n’a pas décoléré, continuant à tempêter tandis que des huissiers tentaient de la diriger vers la sortie de l’hémicycle.

« Je vous demande aussi de ne pas crier sur les huissiers », lui a dit Roberta Metsola. « Je pense que vous avez assez parlé. »

Reprenant alors la parole, Valérie Hayer a vu dans cet incident la « preuve, s’il en était besoin, qu’il est fondamental et urgent de défendre le droit à l’IVG partout en Europe ».

Un peu plus tôt pendant le discours d’Ursula von der Leyen, candidate à un second mandat à la tête de la Commission européenne, Diana Iovanovici Șoșoacă s’était déjà fait remarquer en exhibant une muselière qu’elle a placée devant sa bouche.

Cette fervente chrétienne avait par ailleurs proposé de faire venir un prêtre pour « bénir » et « purifier » le Parlement européen, selon des informations de presse.

C’est le premier mandat de cette avocate de 48 ans, qui avait auparavant siégé au parlement roumain.

Élue sénatrice roumaine en 2020 sur la liste du parti d’extrême droite Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), elle est connue pour son opposition aux mesures anti-Covid et à la vaccination contre le virus, exprimée publiquement sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir été élue sur la liste de l’AUR, elle en avait été exclue pour atteinte aux intérêts et à l’image du parti et refus de suivre la stratégie du groupe. Elle avait alors rejoint le petit parti S.O.S. România.

Lorsqu’elle était sénatrice, elle avait présenté un projet de loi appelant la Roumanie à annexer certains territoires ukrainiens. En 2022, elle a également appelé la Roumanie à quitter l’UE.

Diana Iovanovici Șoșoacă a exprimé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de son pays en novembre.