Peste porcine africaine : l’UE encore loin de développer un vaccin
Alors que l’Italie et d’autres pays d’Europe sont touchés par une épidémie de peste porcine africaine (PPA), la Commission européenne prévient que l’Union européenne (UE) est encore loin d’avoir trouvé un vaccin contre la maladie.
Alors que l’Italie et d’autres pays d’Europe sont touchés par une épidémie de peste porcine africaine (PPA), la Commission européenne prévient que l’Union européenne (UE) est encore loin d’avoir trouvé un vaccin contre la maladie.
La PPA est une maladie virale très contagieuse et mortelle pour les porcs et les sangliers, mais inoffensive pour l’Homme. Sa propagation perturbe fortement les marchés de la viande porcine.
Cet été, une recrudescence des cas de peste porcine africaine a été observée en Italie, en Allemagne et en Pologne.
La France ne fait actuellement pas face à l’épidémie, mais les autorités appellent à la vigilance afin d’éviter l’apparition de tout foyer sur le territoire.
L’Italie fortement touchée
Au cours des dernières semaines, la propagation des cas de PPA dans les élevages porcins et les forêts suscite une inquiétude particulière en Italie. La région de Lombardie (nord de l’Italie), où plus de la moitié des porcs du pays sont élevés, est la plus fortement touchée par cette épidémie.
Lundi 2 septembre, Giovanni Filippini, commissaire extraordinaire chargé de la peste porcine africaine en Italie, a confié à l’agence de presse italienne ANSA que la situation était « complexe », avec 18 foyers en Lombardie, 5 dans le Piémont et 1 en Émilie-Romagne.
Alors que les autorités imposent des restrictions de transport et demandent des abattages, la Commission européenne avertit de son côté que les recherches, financées par des fonds européens, n’ont pas permis d’avancer sur le développement d’un vaccin à ce stade.
« Nous avons été constants dans nos investissements et constants dans nos échecs », a déclaré mercredi Paco Reviriego Gordejo, chef d’unité à la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission (DG SANTE), devant les membres de la commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement européen.
Selon lui, la peste porcine africaine est un virus particulièrement complexe qui n’a « rien à voir » avec les défis posés par le développement de vaccins tels que celui contre le Covid-19 chez l’Homme ou la rage chez l’animal.
L’état des recherches n’a à ce jour pas permis de « fournir un vaccin sûr et efficace », a-t-il ajouté.
L’année dernière, le Vietnam est devenu le premier pays au monde à approuver un vaccin contre la peste porcine. Mais quelques mois plus tard, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) avait annoncé que le fabricant n’avait pas partagé suffisamment de données avec les organismes internationaux et que davantage de tests étaient nécessaires.
Interrogé sur la possibilité d’importer le vaccin vietnamien dans l’Union européenne, le chef d’unité de la DG SANTE s’est montré sceptique quant à sa conformité aux normes européennes.
Le jambon italien menacé
Le Consortium du jambon de Parme, qui représente les intérêts des producteurs de la célèbre AOP italienne, a déclaré que les consommateurs subissaient déjà les conséquences économiques de l’épidémie.
« Les prix des produits de charcuterie montent en flèche et la peste porcine en est responsable », ont expliqué les représentants du consortium à l’agence de presse nationale italienne Adnkronos, mardi 3 septembre, pointant du doigt la réduction du nombre d’animaux.
Pour contenir la maladie, les porcs infectés ou à risque doivent être abattus. Bernard van Goethem, directeur de la gestion des crises à la DG SANTE, a été sans équivoque dans son intervention devant la commission AGRI.
« Dans une exploitation où la maladie s’est introduite, 100 % des porcs mourront », a-t-il averti mercredi 4 septembre.
Selon le groupement de producteurs italien du jambon de Parme, la maladie a déjà entraîné l’abattage d’environ 50 000 porcs depuis le début de l’année.
Comme cela s’est déjà produit pour la viande porcine allemande destinée à la Chine, l’exportation de viande porcine italienne vers la Chine, le Japon et certains pays américains a été bloquée, a également indiqué l’association des éleveurs de porcs italiens.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]