Pfizer France : les contrats des vaccins Covid relèvent du « secret des affaires »
Le président de Pfizer France ne s'est pas épanché sur la polémique concernant la transparence des contrats des vaccins Covid passés avec la Commission européenne, lors de son audition au Sénat mercredi 29 mars.
Le président de Pfizer France ne s’est pas épanché sur la polémique concernant la transparence des contrats des vaccins Covid passés avec la Commission européenne, lors de son audition au Sénat mercredi 29 mars.
Après Bruxelles, c’est au tour de Paris de questionner le laboratoire pharmaceutique Pfizer sur le contenu des contrats des vaccins Covid-19 signés au début de la pandémie avec la Commission européenne.
Pour y répondre, le président de Pfizer France Reda Guiha était auditionné par la Commission d’enquête du Sénat sur les pénuries de médicaments, présidée par Sonia de la Provôté (groupe Union Centriste), mercredi après-midi.
La rapporteure Laurence Cohen (groupe Communiste républicain citoyen et engagé, CRCE) a interrogé Reda Guiha sur le scandale qui secoue Pfizer et la Commission européenne à propos des contrats de vaccins contre le Covid-19.
À la suite de révélations du New York Times en avril 2021, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le PDG de Pfizer Albert Bourla sont soupçonnés d’avoir négocié un contrat de 1,8 milliard de doses directement par SMS.
Les autres contrats passés entre le géant pharmaceutique américain et l’UE sont également critiqués car ils sont certes accessibles pour les eurodéputés, mais dans une version caviardée et donc illisible.
« Pourquoi les contrats qui ont été signés avec Pfizer et la Commission européenne n’ont pas été rendus publics, notamment celui de 1,8 milliard de doses ? », a demandé Mme Cohen à M. Guiha.
Le président de Pfizer France a répondu que les contrats des vaccins Covid étaient discutés directement par la maison mère de Pfizer, située à New-York aux États-Unis, avec la Commission européenne.
« Cette partie relève vraiment du secret des affaires. C’est la règle que nous avons mise en place », a-t-il précisé.
M. Guiha n’en dira pas plus aux sénateurs, les discussions se poursuivront notamment sur le prix du vaccin, la gestion des pénuries de médicaments ou encore l’innovation.
Pourtant, lever l’opacité sur les contrats « aiderait à une meilleure confiance des populations car il y a des doutes qui sont forts », selon Mme Cohen, qui a tout de même tenu à féliciter le laboratoire dont le vaccin a permis de sauver « de nombreuses personnes ».
Ursula von der Leyen « jamais impliquée dans les négociations »
À Bruxelles, la bataille pour la transparence des contrats fait rage depuis bientôt deux ans.
Dernier épisode en date : l’audition lundi dernier de la commissaire européenne à la santé Stella Kyriakides par la commission spéciale du Parlement européen sur le Covid-19 (COVI).
Mme Kyriakides a insisté sur le fait que la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, n’avait joué aucun rôle dans la négociation des contrats de vaccins Covid.
« La présidente de la Commission n’a été impliquée dans aucune négociation de contrats. Je l’ai déjà dit et je le redirai », a déclaré Stella Kyriakides face aux nombreuses questions des députés européens à ce sujet.
Stella Kyriakides a rappelé que tous les contrats, Pfizer ou autres laboratoires, avaient suivi le processus législatif. « Il y avait une équipe conjointe de négociations et un comité de pilotage », a-t-elle précisé.
Le comité de pilotage est chargé d’octroyer un mandat de négociation à l’équipe de négociation, elle-même composée de représentants de la Commission et des États membres.
« Les États membres ont toujours eu la possibilité de retoquer un contrat […] Ils étaient parfaitement au courant des conditions des contrats », a conclu la commissaire.