PFUE : Thierry Breton fait le tour des ministères français
Le commissaire européen au marché intérieur a entamé jeudi 28 octobre une visite de deux jours à Paris pendant laquelle il doit rencontrer plusieurs membres de l’exécutif français, alors que la France doit prendre la tête du Conseil européen à partir du mois de janvier.
Le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a entamé jeudi 28 octobre une visite de deux jours à Paris pendant laquelle il doit rencontrer plusieurs membres de l’exécutif français, alors que la France doit prendre la tête du Conseil européen à partir du mois de janvier.
Le commissaire européen, et ancien ministre de l’Économie sous la présidence de Jacques Chirac, Thierry Breton a rendu visite à plusieurs membres du gouvernement français afin d’« intégrer les orientations de la présidence française », a-t-il indiqué à la presse.
M. Breton s’est ainsi entretenu avec le Premier ministre Jean Castex, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la ministre des Armées Florence Parly et a été auditionné par les sénateurs.
Échanges riches avec le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères @JY_LeDrian ce matin au Quai d’Orsay 🇪🇺🇫🇷
Une Europe forte défend ses intérêts, assure sa souveraineté et projette ses valeurs.
Nous partageons cette conviction.#EuropePuissance #PFUE2022 pic.twitter.com/ge5rpBuAEB
— Thierry Breton (@ThierryBreton) October 28, 2021
Il doit finir sa visite vendredi 28 octobre après avoir rencontré le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et enfin la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher.
La France s’apprête à occuper la présidence tournante du Conseil européen à partir du 1er janvier 2022, pour une période de 6 mois pendant laquelle elle aura la main sur l’ordre du jour et pourra donner la priorité à certains sujets.
DMA/DSA, nucléaire et Brexit
En sa qualité de commissaire européen, chargé du marché intérieur, de la politique industrielle, du numérique, de l’audiovisuel, de la défense et de l’espace, M. Breton est revenu sur plusieurs dossiers législatifs qui devraient occuper une place importante lors du premier semestre de l’année 2022, sous la présidence française de l’UE (PFUE).
Côté numérique, il est notamment revenu sur les projets de Digital Markets Act (DMA) et Digital Services Act (DSA). Si la France aimerait beaucoup voir leur adoption durant son mandat, le retard pris dans les discussions, notamment pour le DSA, laisse penser que ces textes n’aboutiront pas d’ici au printemps 2022, échéance initialement envisagée.
Interrogé par EURACTIV France, M. Breton a néanmoins indiqué qu’il trouvait que « les choses avancent bien » et qu’il avait « bon espoir » que les deux règlements seraient adoptés pendant la PFUE.
Il a ajouté que la position du Conseil qui se dessine pour le DSA sur un rôle plus grand de la Commission dans l’application de la loi, à laquelle la France souscrit, lui « semble aller dans le bon sens ».
M. Breton a également précisé qu’il comptait « tout faire » pour présenter le projet de loi de la Commission sur les puces électroniques, le Chips Act, pendant la PFUE.
Le commissaire est ensuite revenu sur la crise énergétique qui frappe l’Europe. « Les objectifs du Green Deal nécessitent un accroissement de notre capacité à produire de l’électricité sur le continent européen », a-t-il déclaré, précisant que cela ne pourrait pas se faire sans une part de nucléaire dans le mix énergétique.
Interrogé sur la volonté française d’avancer sur « l’Europe sociale » et de tendre vers un salaire minimum européen, M. Breton s’est contenté d’indiquer qu’il plaidait pour « une harmonisation » au sein de l’UE.
Enfin, alors qu’on assiste à une nouvelle escalade des tensions entre la France et le Royaume-Uni au sujet de la pêche, le commissaire européen a voulu se montrer très ferme. « Il n’y aura aucune ambiguïté de notre part », a-t-il déclaré, face aux engagements britanniques qui ne « sont pas tous tenus ». « Nous ne sommes dupes de rien », a-t-il insisté avant de conclure que « la raison va finir par l’emporter ».